La valise à double fond de Albert HERVE, prisonnier au Stalag II B


J'ai la surprise et la joie d'être contactée par mail par Véronique HERVE, petite fille de Albert Alexis Auguste HERVE.
Elle a lu l'article que j'ai écrit sur mon grand-père Marcel BOURGOIN, prisonnier au Stalag II B à Hammerstein en Poméranie durant la deuxième guerre mondiale.

Albert HERVE, fait prisonnier au Stalagh 2B en 1939

Véronique n'a pas connu ce grand-père mort le 30 octobre 1942 à Houilles (Yvelines à son domicile).

Par mes recherches généalogiques sur Filae.com, je retrouve sa trace. Il est né le 12 novembre 1903 à Guigné dans la Sarthe de Emile Auguste Marie HERVE (1873-1913) et Berthe Geneviève PILON (1877-1938).

Mais sa fille, la tante de Véronique, lui a affirmé que son père, mobilisé en 1939,  a été fait prisonnier par les allemands, à Phitiviers avant d'être affecté dans ce camp de prisonnier en Poméranie.

Sur la liste des prisonniers de la guerre 39/45 disponible sur Gallica (BNF) je retrouve le nom de HERVE Albert né le 12/11/03 à Guigné sur Sarthe. Il s'agit bien du même.  Il est noté comme soldat de 2ème classe appartenant au 215ème Régiment d'Infanterie. Il est fait prisonnier en Allemagne sans autre précision, est noté comme n°10 de la liste officielle des prisonniers français.



Liste des français fait prisonniers par les allemands. Le nom de Albert HERVE apparait

Le Stalag II B est un camp de prisonniers de la seconde guerre mondiale situé à 2,5 km à l'est de Hammerstein en Poméranie, aujourd'hui la Pologne. En juin 1940, il accueille des prisonniers français et belges.  Le 18 octobre 1940, 34 000 prisonniers y sont enfermés dont 28 012 français, indique la Croix-Rouge.
Les baraquements sont en briques de ciments sur un sol sablonneux entouré de landes et de sapins.
Il va être libéré par l'armée russe en avril 1945.



Le camp  Stalag II B visité par la Croix Rouge le 18 octobre 1940

La valise en bois de retour du camp

Or, elle dispose de la valise de son grand-père. Une jolie valise en bois patiné.



Valise en bois de Albert HERVE



Des objets cachés sous une paroi à double fond


En voulant la réparer, elle découvre récemment que cette valise en bois a une paroi à double fond derrière laquelle sont disposés des objets :

- un couteau de marque allemande
- des bilets de cent francs pliés en quatre
- un briquet
- un sachet en papier avec des mèches de briquet
- des médicaments
- une feuille de papier


Paroi à double fond


Elle s'imagine que ces objets sont peut-être le témoignage d'un projet d'évasion ?




Les objets retrouvés dans la valise de Albert HERVE



Quand à son évasion, ce n'est pas une hypothèse absurde. Car il est mort en 1942 à son domicile et qu'il est noté comme disparu le 4 septembre 1940.
Est-ce une erreur de retranscription ? L'a-t-on confondu avec un autre prisonnier ayant la même identité ? Où est ce que cette information indique qu'il est porté disparu du camp, s'étant en fait évadé de son Commando ? Le fait qu'ait été préservé cette valise relique, ne donne-t-elle pas des indices sur une éventuelle évasion ?
Comment imaginer alors cette évasion ? Quelle fut la dureté du chemin retour ? Est-ce que ces épreuves n'ont pas précipité son décès en France en 1942 ?

Sa photographie au Kommando 28


J'échange avec elle par mail et je fais l'hypothèse que son grand-père faisait partie du Kommando 28, peut-être une femme ou une exploitation forestière, car ce numéro apparait au dos de sa photographie.
Les Kommandos sont des compagnies de travail, gérés par le Stalag. les prisonniers effectuent des travaux dans des fermes ou des chantiers divers, accompagnés par des gardes et enfermés sur place le soir. La Wehrmacht loue ces prisonniers de guerre à des employeurs.

A ma petite femme et mes chers enfants mes plus tendres pensées A Hervé.

Albert HERVE prisonnier au Stalag 2B assis au premier rang et portant la moustache


A découvrir : le site sur le stalag 2 B

Piste d'athlétisme Marcel Bourgoin à Saint-Florentin

Le 7 juillet 2016, a été inaugurée la toute nouvelle piste d'athlétisme du Stade Jean Lancray de Saint-Florentin dans l'Yonne. La Municipalité, sous la férule du Maire Yves DELOT, a choisi de lui donner le nom de Marcel BOURGOIN. Marcel BOURGOIN est mon grand-père. Il a été un des pionniers de l'athlétisme florentinois.

La nouvelle piste d'athlétisme Marcel BOURGOIN


C'est une belle piste, toute neuve, est d'une taille de 400 mètres, dotée de huit couloirs en ligne droite et de six dans les courbes.
Une aire de lancer de marteau est crée et les vestiaires sont rénovés. Une salle de musculation complète l'ensemble.
La nouvelle piste d'athlétisme


Inauguration du 7 juillet 2016


J'ai donc été conviée, avec des membres de notre famille, à la cérémonie d'inauguration, en présence
de Yves DELOT, Maire de Saint-Florentin, Bernard AMSALEM, Président de la Fédération française d'athlétisme, André VILLIERS, Président du Conseil départemental, Sébastien MAILLARD Président du club florentinois. Une plaque est posée officiellement.


Plaque inaugurée le 7 juillet 2016


Hommage à Marcel BOURGOIN, fondateur de l'Entente Sportive Florentinoise

Comme le rappelle le Maire, dans son discours d'inauguration, Marcel BOURGOIN est d'abord un cycliste. Il participe a plusieurs courses cyclistes avec Marcel BIDAULT qui devient champion de France. Il délaisse son vélo en 1923 après son départ au régiment.  Il s'oriente vers l'assouplissement et le cross. "Passionné, brûlant d'un véritable feu sacré pour la course à pied, coureur assidu, il signe d'abord au club d'Auxerre en 1926 puis à Sens en 1929".

Le village de Chailley, où il est né le 27 mars 1905, se développe et compte de nombreux jeunes, nés au lendemain de la première guerre.  Marcel fonde en 1935, le club d'athlétisme de Chailley. Il devient alors l'entraîneur du premier club d'athlétisme de l'Yonne. La majorité des garçons du village endosse le maillot barré rouge du club. Il entraine les jeunes le mardi et le jeudi, dans la salle de mairie, puis ils vont courir chaque semaine le soir après le travail sur la route de Venizy.

Cross à Chailley 30/07/1934



"N'épargnant ni son temps, ni sa peine, ni son argent, il dirigeait et participait à tous les entrainements. Les déplacements vers tous les cross du département se faisaient dans sa camionnette de boucher..." Yves DELOT, Maire



Club d'Athlétisme de Chailley en 1936
Marcel BOURGOIN au premier rang a gauche


A son retour de captivité, à la sortie de la deuxième guerre mondiale, il crée l'ESF Omnisports de Saint-Florentin (Entente Sportive Florentinoise) en 1946 . Il y regroupe des athlètes pour se relancer dans la compétition.
En 1950,  avec Maurice MORLAND, il conduit son équipe au niveau national. Une équipe icaunaise se qualifie pour la première fois et Pierre DUBOST, un florentin en fait partie.

Marcel BOURGOIN, dirigeant sportif

Président de l'ESF pendant 30 ans, il a été Président du Comité de l'Yonne d'Athlétisme et membre de la Ligue de Bourgogne. Il a engagé les premières démarches pour la création d'une piste d'athlétisme à Saint-Florentin dès 1980. Il est resté jusqu'à sa mort Président d'honneur de l'ESF.


Licence de dirigeant de la FFA 

La force de la mémoire

Le 11 novembre 1990, à l'assemblée générale  de l'ESF, Raymond MANIGAUT, ami de Marcel et sportif de Chailley, fait revivre Marcel BOURGOIN, après son décès le 12 mars 1989, à âge de 83 ans.
" Je revois vers 1930 le jeune homme gagnant des courses cyclistes devant nos yeux de gamins admiratifs. Puis le crossant s'entraînant solitaire dans la campagne chaillotine. Il fallait vraiment y croire car il y a soixante ans la notion de sport n'était pas encore familière dans les villages..."

Ainsi la mémoire de l'action et de l'engagement sportif de mon grand-père est reconnue et préservée. Il le mérite et j'en suis fière. Comme j'ai été fière d'avoir été invitée à cette inauguration et couper le ruban tricolore avec les élus locaux et les autorités sportives.

Mon grand-père n'aimait pas particulièrement les honneurs.  Il aimait voir les jeunes se construire et communiquer sa passion aux autres. Lui même était un vrai sportif qui entretenait son hygiène de vie jusqu'à son dernier souffle.

Aujourd'hui sa mémoire est ancrée dans l'histoire sportive de l'Yonne.











Les seigneurs de Turny au 12e siècle

Les seigneurs de Turny au 12ème  siècle



Garin ou Guérin de Traînel, né vers 1095, est dit seigneur de Venise. 
Il possède des terres à Turny, Venisy et Chailley. Il est de la branche des seigneurs de Traînel et de Villeneuve. Il se marie avec Péronelle de Chaumont.
Ils ont cinq enfants dont Anseau de Traînel, né vers 1125, qui devient seigneur de Venisy et épouse Elisabeth, dame de Nangis. Ils ont deux filles dont Adélaïde Alix de Traînel dite de Venisy qui épouse André de Brienne, seigneur de Ramerupt et de Venise.



Arbre généalogique des Traînel, seigneurs de Venizy [1]



En 1146, comme le rapporte Hugues, Archevêque de Sens et Evêque d'Auxerre, Guérin de Venisy, avec sa femme et ses fils, fait don à l'abbaye de Pontigny de tout ce qu'ils prétendent à Boeurs et dans les bois de Saint-Etienne de Rigny. 
Anseau 1er de Traînel son fils, Garnier de Traînel et Hélisende de Montmirail ses parents, se rendent en 1151 à Sens, en présence de Hugues l’Archevêque de Sens, de Louis Roi de France et de plusieurs seigneurs, en vue d'abandonner à l’abbaye de Pontigny tous leurs droits dans la forêt d’Othe, dans leur grange de Boeurs et de Chailley. [2]



Blason de Garin de Traînel
« Fourrure en contre vair de couleur azur sur fond argent »

M. Mainard de Turny, seigneur de Turny et son épouse Isabelle sont cités dans plusieurs documents à partir de 1148 :
•  Donation par Mainard de Turny à l’Abbaye Notre-Dame et Saint-Edme de Pontigny en l'an 1148 de Hugues, Archevêque de Sens, d'un cens de 32 sous et 7 deniers qu'ils ont sur les vignes d'Autremont, vignes de Turny, avec la garde et la justice de ce vignoble, ainsi que d'un droit d'usage pour eux et leurs bestiaux dans les forêts d'Othe. [3]


Document original conservées aux Archives départementales de l'Yonne
Transcription : « Attestation d'Hugues, archevêque de Sens, de la donation faite par Mainard de Turny et Isabelle son épouse, à l'abbaye de Pontigny d'un cens de 32 sous et 7 deniers, qu'ils avaient sur les vignes d'Autremont, vignes de Turny, avec la garde et la justice de ce vignoble, ainsi que d'un droit d'usage pour eux et leurs bestiaux dans les forêts d'Othe. Hugues archevêque de Sens, Mainard de Turny, Isabelle, cens droit d'usage vignes d'Autremont 1148 ».


  Donation par Mainard de Turny à l’Abbaye de Dilo en l'an 1153. L’Archevêque Hugues atteste que Mainard de Turny a fait don à l’abbaye de Dilo, pour le repos de l’âme de sa femme qui y est inhumée, de ce qu’il possède dans les aleux de Céant. Il rapporte la donation que fait Mainard de ce qui lui appartient à Puiseaux, les hommes exceptés, pour l’admission de ses filles au monastère de Fossemore dépendant des religieux de Dilo. [4]

M. Mainard de Turny et M. Garin de Traînel sont les seigneurs de Turny les plus anciens dont on retrouve les noms cités dans les actes et archives.



[1] Cartulaire général de l'Yonne. Volume 1 publié par la Société des sciences historiques et naturelles de l'Yonne, sous la direction de M. Maximilien Quantin -  Éditeur : Perriquet et Rouillé -Auxerre- 1854-1860 - Bibliothèque Nationale de France


[2] Archives départementales Yonne - pièce n° H 1461-4

[3] Histoire de l’Abbaye de Pontigny par M. Henry - Ed. Maillefer - Auxerre 1839
[4] Reconstitution Cercle Généalogique de Turny

En savoir plus sur l'héraldique

En savoir plus sur l'héraldique



L'héraldique est la discipline qui recouvre tout ce qui se rapporte aux armoiries.

 « Celles-ci sont constituées de signes distinctifs, figures et couleurs, organisés pour former un emblème qui sera durablement employé par une même personne, une même famille ou un même groupe ».[1] 

Elle est dotée d'un vocabulaire spécifique et structuré par des règles et des conventions. C'est une sorte de carte de visite illustrée qui situe la place d'une personne au sein de la famille, ses origines, ses fonctions, ses valeurs. Les premières armoiries véritables apparaissent vers 1130 puis deviennent codifiées et héréditaires. Les croisades confortent l'héraldique. Les armoiries sont des signes de reconnaissance dans les conflits de l'ère médiévale en Europe comme en Terre Sainte. Les chevaliers, dont la tête est protégée par leur heaume (casque métallique couvrant tête et visage) adoptent les figures qui ornent leur écu ou bouclier de combat. Les premiers traités relatifs à l'héraldique datent du 14ème siècle. C'est alors que l'héraldique gagne les non-combattants. Il s'étend à l'ensemble de la société. Ce droit est supprimé par la Révolution, le droit aux armoiries étant considéré comme signe de féodalité
Il est restauré par un décret du 1er mars 1808, Napoléon les réservant à la noblesse impériale qu'il a créée. De nos jours, tout français est libre de composer ses armoiries, sous réserve de ne pas s'approprier un blason déjà utilisé par d'autres. Les armoiries sont des marques de reconnaissance accessoires du nom de famille auquel elles se rattachent. Juridiquement, elles se définissent comme un nom dessiné et colorié et sont strictement privées.

Les animaux héraldiques

Pour orner des armoiries, les animaux sont associés à des vertus, des qualités ou des défauts. Le lion représente la vaillance, la force ; l'aigle symbolise la puissance souveraine ; le taureau représente la force ; l'ours symbolise le courage et la force ; le serpent symbolise l'énergie et la subtilité... Ils peuvent porter des accessoires comme une épée, une couronne.

La flore héraldique

La flore est une source d'inspiration inépuisable comme la rose symbole du secret, le blé symbole de la fécondité et de la capacité à nourrir, le chêne symbole de l'autonomie et de la liberté, le lis symbole de pureté, de souveraineté, fleur de la gloire.

Le corps humain

Si le corps humain est rarement représenté, on reconnait les Maures à la peau noire symbole de la victoire des croisés contre les sarrasins, une main symbole de l'accueil et de la bienveillance lorsqu'elle est ouverte et symbole du secret lorsqu'elle est fermée.

Les figures artificielles

Il s'agit des outils fabriqués par l'homme comme la faucille, la hache, l'épée symbole de la justice et de la parole divine.

Les figures les plus utilisées

Dans l'Europe médiévale, quatre figures sont largement majoritaires en héraldique : le lion, symbole du courage, de la force, de la bravoure ;  l'aigle, symbole de la souveraineté ;  la croix, symbole des valeurs, de la victoire et de la relation avec Dieu ;  la fleur de lis, symbole de pureté et de gloire.

Les fourrures héraldiques

Elles sont constituées par l'hermine et le vair avec leurs variantes et sont inspirées par les peaux dont les écus sont parfois recouverts.



Les couleurs

Les couleurs peuvent être celles de métaux comme l'or, jaune représentant la couleur du soleil, symbolisant le bien, l'honneur, la gloire ; l'argent, blanc couleur de la lune, symbole de sagesse et de richesse ou bien celles dites des émaux : gueules de couleur rouge, symbole de la planète mars et du désir de servir la patrie et de l'amour ; azur de couleur bleue qui symbolise la planète jupiter, la fidélité, la persévérance et la loyauté ; sable de couleur noire rattachée à la planète saturne et au diamant qui symbolise la tristesse et l'humilité ; sinople de couleur verte, associée à la planète vénus qui symbolise la liberté, la joie, la santé, l'espoir et l'honneur ; pourpre de couleur violet, liée à la planète mercure et à la pierre l'améthyste, symbolisant la largesse et la souveraineté. Chacune des couleurs peut être représentée par des rayures spécifiques. Ainsi la couleur azur est évoquée par des lignes horizontales alors que la couleur gueule l'est par des traits verticaux.

Les règles de composition

L'aspect des figures et leur situation sont caractérisées par la position, la situation et la disposition. La position concerne la disposition des pièces sur l'écu. Peuvent être représentées une pièce jusqu'à douze pièces. La situation concerne l'emplacement des pièces sur l'écu, en chef ou en pointe. La disposition est ce qui modifie l'aspect d'une pièce héraldique. L'écartelure réunit dans un seul écu les armoiries de plusieurs écus qui sont combinées et hiérarchisées.

Le vocabulaire

Un écu se décrit de façon logique, point par point, du chef vers la pointe (de haut en bas), de dextre vers senestre (de droite à gauche). On commence la description par le plan du fond et on termine par ce qui est le plus prés de l'oeil du spectateur. Pour les armoiries composées, on évoque la notion de quartiers. On va retrouver des mots particuliers comme gonfanon qui signifie une sorte de bannière de procession à trois fanons arrondis, brochant lorsqu'une figure passe sur une autre figure, fasce qui est une pièce délimitée par deux lignes horizontales.



L'enseignement

Les armoiries parlent, enseignent, délivrent un message à ceux qui savent les observer. Nous allons évoquer les blasons et armoiries des seigneurs de Turny. L'imagerie et le descriptif vous sont présentés. Nous laissons à votre imagination la liberté de l'interprétation.









[1] Guide de l'héraldique de Claude Wenzler, Editions Ouest France 2002

La valise à double fond de Albert HERVE, prisonnier au Stalag II B

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