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Louis MAUREL, Résistant et fusillé à la Doua en 1944


Séverine MAUREL-GERCEL, la petite fille de Louis MAUREL a pris contact avec moi suite à la lecture de mon article du blog sur mon ancêtre par alliance Pierre COLIN, résistant, chef départemental de l'Armée secrète de l'Hérault.

Son grand-père Louis MAUREL a été l'adjoint de Pierre COLIN dans la résistance. Il seront  fusillés ensemble, le même jour, par la Gestapo allemande au Fort de la Doua en 1944.

Elle a conservé de nombreuses archives de son grand-père et a souhaité me les communiquer pour que nous écrivions ensemble cet article en hommage à ce héros Louis MAUREL.
Nous espérons que ces informations tout à fait originales vous intéresseront et seront un apport au souvenir de la Résistance dans laquelle se sont engagés ces hommes dès le début de la guerre.
Ils ont payé de leur vie leur choix.

Ils ont été le plus souvent dénoncés, à cause de la torture pour les uns, de la collaboration pour les autres. Les autorités françaises n'ont rien fait ou rien pu faire pour soulager leur sort. Parfois, elles ont même été complices des exactions de la Gestapo.

Que cette sombre période ne tombe jamais dans l'oubli, pour nous rappeler que certains ont péri en martyrs ou en héros pour défendre leur pays et leurs idées.

Article sur Pierre Colin

Sa famille

Louis Joseph MAUREL est né le 9 août 1907 à Marseille. Il est l'enfant unique de Thérèse PROFANA et Jean MAUREL.

Sa scolarité

Après une scolarité brillante, il intègre l'Ecole Polytechnique en 1927, puis l'Ecole des Poudres en 1929. Il devient Ingénieur militaire en octobre 1931. Il est affecté aux Poudreries Nationales en 1932 à Saint-Chamas dans les Bouches-du-Rhône, à Ripault en Indre-et-Loire en 1933, puis Vonges en Côte d'Or.
Louis MAUREL 1927

Son mariage

A Utelle, petit village des Alpes-Maritimes, il rencontre Manya GOLDRING, benjamine d'une famille russe juive qui a fui la révolution soviétique. Ils se marient à Paris le 17 juin 1931. Louis est trés croyant et Manya se convertit pour l'épouser. Ils ont deux enfants Jean-Joseph né le 13 avril 1932 à Paris et Bernadette née le 21 septembre 1935 à Vonges en Côte d'or.
La famille de Manya est nombreuse. Avec ses frères Abel, Gricha, Boris, Micha et sa soeur Rebecca le couple passe souvent des week-end ensemble. (Sources familiales)

Déclaration de guerre 1939

La famille habite alors une grande maison à l'intérieur de la poudrerie de Vonges. Louis Maurel en est le directeur adjoint. Quand la guerre est déclarée en septembre 1939, la famille quitte Vonges située en zone occupée, en juin 1940, suite à la débâcle. Louis est nommé à Saint-Chamas en juillet 1940 dans le Finistère à Pont-de-Buis. L'été 1942, Louis est affecté à Montpellier.


Louis MAUREL en 1940

Entrée de Louis MAUREL dans la Résistance en été 1942

Louis prend contact avec Simone GILLET-DEMANGEL, dite Pauline, qui lui présente le Colonel CHAULLIAC, Chef de l'Armée Secrète.
Sous le nom de code de LE GOFF, il est adjoint du Colonel Pierre COLIN (nom de code GEORGES ROBERT) , Chef départemental de l'Armée Secrète pour l'Hérault.
Il a organisé dans un premier temps les services de renseignements de l'armée Secrète dans la région de Montpelier.
Il s'est ensuite occupé plus spécialement des renseignements et de l'instruction ainsi que de l'organisation des équipes de sabotage.
Sont activité a duré jusqu'en octobre 1943, date à laquelle il a été arrête par la Gestapo. Son groupe regroupe les résistants Maurice POPOUNEAU, Jean GENEVOIS, Simone GILLET-DEMANGEL sous la direction de Pierre COLIN. 
L'une des missions du réseau est de faire déserter un groupe de Luxembourgeois. 
L'un d'eux est arrêté et, sous la torture, donne le nom de Maurice POPOUNEAU.

En savoir plus sur l'Armée Secrète

Lien Wikipédia

Crée en 1942, l'Armée secrète est un regroupement de résistants français pendant la seconde guerre mondiale. C'est donc le regroupement des plus importants mouvements de résistance gaulliste de la zone sud : Combat, Libération sud, Franc-tireur. En 1944, l'Armée secrète sera intégrée dans les FFI Forces française de l'intérieur. 

Arrestation en octobre 1943

Le 7 octobre 1943, Maurice POPOUNEAU est arrêté. Le 8 octobre 1943, Pierre COLIN et Louis MAUREL sont également arrêtés. Jean GENEVOIS aussi. Tous les quatre sont emprisonnés dans la prison de la Gestapo à Montpellier où ils subissent la torture. Jean GENEVOIS est déporté. 

Jean GENEVOIS, quelques années après son retour de déportation, écrit sans doute au fils de Louis MAUREL, Jean-Joseph, une longue lettre qui précise les conditions exactes de cette opération. Ces documents ont été recueillis par la petite fille de Louis MAUREL, Séverine,  que je remercie d' accepter de les partager avec le lecteur. Ils sont extrêmement précis, réalistes et donc terribles. Nous allons, avec lui, revivre en détail la scène de l'arrestation par la Gestapo.

" Je pense que Mme COLIN à ce sujet pourrait vous édifier elle à qui nulle aide, nul secours n'ont été apportés, elle qui élève dignement son fils. Elle qui a été mal renseignée sur certains faits, volontairement par certains, qui ont voulu faire oublier les actions d'éclat de son mari.
J'en reviens, après cette digression à ce qui vous intéresse. L'origine de l'arrestation du Groupe est la suivante :
POPOUNEAU avait été chargé par COLIN de se procurer des habits civils  pour habiller et faire déserter un groupe d'une vingtaine de Luxembourgeois, stationnés à CARNON, et enrôlés de force dans la Werchmart. Sa mission remplie, malheureusement un des Luxembourgeois se fit arrêter par la Gestapo et sous la torture, il donna les noms de POPOUNEAU et de COLIN.
POPOUNEAU fut arrêté à l'Intendance de l'Air, dans une petite rue -rue des Trésoriers de France- à MONTPELLIER. Une secrétaire fut également arrêtée.
Le lendemain, COLIN était arrêté dans une villa qu'il occupait vers l'Hôpital général de MONTPELLIER avec sa femme.
C'est par elle que j'ai eu, à mon retour de déportation, et par mes camarades des cellules des condamnés à mort, puisque nous étions : COLIN, MAUREL, POPOUNEAU et moi-même, côte à côte dans des cellules individuelles à la 32e (Prison allemande de la Gestapo à MONTPELLIER) où nous pouvions en cachette des allemands, bavarder la nuit, ceux-ci s'absentant en barricadant la porte centrale, nous isolant du reste de la prison, une garde spéciale tournant toute la nuit autour du bâtiment.
C'est ainsi que je peux vous fournir des détails sur l'arrestation de MAUREL.
Celui-ci se rendait chez COLIN en bicyclette. Or juste comme il arrivait devant sa villa pour lui rendre visite, COLIN se trouvait déjà installé dans une voiture de la GESTAPO, arrêté à l'instant même avec ma femme. MAUREL arrivant devant la villa, marque une hésitation en voyant une voiture allemande arrêtée devant le refuge de COLIN. Cette hésitation attira l'attention des policiers de la Gestapo, l'un redescendit de la voiture, toujours à l'arrêt, demande les papiers à MAUREL.
Celui-ci ayant compris le danger, remonta sur sa bicyclette, et tourna le coin de la rue ; aussitôt la voiture démarra et le rejoignant, un des policiers tira un coup de revolver sur MAUREL qui stoppa. Il n'était d'ailleurs pas blessé, la balle ne l'ayant pas touché. Il fut arrêté à son tour.
Dans nos cellules de condamnés à mort, il montra un courage admirable avec ses camarades, se plongeant dans la religion, mais ayant tous l'espoir que leur grâce arriverait d'ARLES...
Au cours de nos conversations nocturnes, MAUREL m signala qu'un de ses employés de la Production Industrielle de MONTPELLIER, un nom TEULY, avait communiqué des documents compromettants à la Gestapo, documents qu'il cachait en haut d'un placard de son bureau.
J'ai fait un rapport à mon retour de déportation sur cet individu déjà arrêté mais il n'en fut pas tenu compte... affaire probablement étouffée par certains personnages de la place. il fut relâché peu après.
Ce sont à peu près tous les renseignements que je puis vous fournir par écrit. Il pensait que je m'évaderai et m'avait chargé de donner de ses nouvelles à Madame MAUREL qui habitait je crois Place Castillane à Marseille. Je ne l'ai pas pu ayant déporté deux années. Je me tiens d'ailleurs à votre disposition pour vous fournir tous autres renseignements auxquels je pourrais vous répondre.
Mais, j'ai évidemment des renseignements plus précis que je ne pourrai que vous donner de vive voix si vous aviez l'occasion de venir dans notre région.
Je vous prie d'agréer, Monsieur, l'assurance de ma considération distinguée.
J. GENEVOIS





Lettre de Jean GENEVOIS (Document famille Maurel)

Condamnation à mort par le tribunal allemand de Montpellier le 17 juillet 1944

Louis MAUREL, Pierre COLIN et leurs camarades sont d'abord détenus à la Kommandantur de Montpellier puis à la prison où ils subirent la torture.
Louis et Pierre sont jugés par le tribunal allemand de Montpellier le 17 janvier 1944 (Tribunal du commandant du secteur d'armée France-Sud St L nr 596/43) et sont condamnés à mort pour avoir "favorisé l'ennemi". Ils sont transférés à la prison de Montluc à Lyon.


Attestation allemande des condamnations
et exécution du verdict  de Louis Maurel et Pierre Colin
(document Archives départementales de l'Hérault Cote 1000 W 219)

Voici le document écrit en allemand, en date du 21 janvier 1944 que transmet la Kommandantur de Montpellier au Préfet confirmant que la cour martiale  réunie le 17 janvier 1944 avait jugé Louis MAUREL et Pierre COLIN coupables d'intelligence avec l'ennemi. Le verdict a été exécuté le 24 janvier 1944.


Traduction (incomplète)
 " ...des Kommandanten
... Heeresgebietes Südfrankreich
St.L.Nr. 596/43
Lyon le 21 février 1944.
A M le Préfet de Montpellier
Les français, membres de cet Etat
1. Pierre Colin, ancien Major, né le 11 août 1900 à Toul, domicilié à Montpellier 4, rue de Verdun,
2. Louis Maurel, Ingénieur chef à la Production industrielle, né le 9 août 1907 à Marseille, demeurant Montpellier, Clos Durand, chemin du bon accueil
par jugement  de la cour martiale du 17 janvier 1944, ont été reconnus coupables d'avoir favorisé l'ennemi. Le verdict a été appliqué aujourd'hui.
I.A. Kriegagergerichterat"

Transfert au Fort de Montluc à Lyon le 27 janvier 1944

Le 27 janvier 1944, Louis MAUREL, Pierre COLIN et Maurice POPOUNEAU sont transférés au Fort de Montluc à Lyon. Réquisitionnée par les allemands, la prison de Montluc devient un lieu d'internement où furent détenus plus de 7000 juifs et résistants dont la plupart ont été torturés par la Gestapo, fusillés ou déportés dans des camps de concentration ou d'extermination.  Jean MOULIN y a transité.


La prison de Montluc en 1945


Fusillé le 21 février 1944 à la Doua

Louis MAUREL, Pierre COLIN et Maurice POUPONNEAU sont fusillés ensemble le 21 février 1944 à La Doua. Les condamnations capitales étaient exécutées sur le stand de tir de la Doua.


Pierre COLIN, fusillé le 21/2/44,
marié, 2 enfants, aviateur,
Chef départemental de l'Armée Secrète de l'Hérault


Témoignage  

Le Pasteur Georgi se souvient "Le lundi 21 février, je reçus un appel téléphonique d'après lequel j'avais à me trouver à 15 heures à la prison, l'exécution devant avoir lieu à 17 heures. A l'infirmerie furent introduit les trois condamnés du même moment. L'interprète lit le jugement à haute voix et fit connaitre qu'il seront exécuté dans deux heures. Tous acceptèrent la sentence, calmes et stoïques. Ils demandèrent que, en premier lieu, les ecclésiastiques soient seuls avec eux. Pendant que les deux camarades de M. Colin allèrent dans une autre salle avec le prêtre, je restais seul avec lui. Dans les deux dernières minutes avant le départ, les deux camarades de M. Colin entrèrent et tous trois s'étreignirent avec une grande émotion. Ils échancrèrent encore quelques mots entre eux. Puis ile furent conduits dans la cour de la prison  sur un camion bâché, dans lequel prirent place des soldats avec des casques d'acier et des mousquetons. Le convoi traversa Lyon par la champ de foire, arriva au polygone devant la ville. Les condamnés furent conduits aux poteaux. Mon confrère catholique et moi nous retirâmes, le commandement de feu suivit, le plus jeune des condamnés commença à chanter la Marseillaise, les coups partirent" (Bulletin de l'association des rescapés de Montluc n°10 - mai 2015)

Sa dernière lettre


Louis échange, après son arrestation, quelques lettres avec sa femme et ses parents mais il ne les reverra. Vous trouverez ci-dessous la dernière lettre qu'il a adressé à sa famille avant son exécution.

"...solitude et nous aurons, je le souhaite de tout mon coeur un jour nous serons réunis (barré par la censure) dans le sein d'Abraham. Que Dieu nous protège mes chéris. Je le prierai toujours pour vous. Adieu ma chérie, Adieu mon Jojo, Adieu Bernadette. Je vous serre sur mon coeur. Ayez bien du courage. J'en ai. Soyez heureux dans une France belle, forte et heureuse, celle à qui j'ai toujours pensé. Soyez de bons enfants pour mes parents et vivez les uns auprés des autres.
Bons baisers
Louis.
(Barré par la censure) A Montpellier, le commandant Colin, 4 rue de Verdun et ....illisible
"PS : je te laisse ma chérie ma Bible, mon livre de messe et le calendrier qu'il renferme et l'imitation de Jésus Christ que tu m'as envoyée. Bons baisers
J'ai aussi sur moi la médaille que Nadette avait trouvée dans le jardin et qu'elle m'avait donné quelques jours avant mon arrestation




Dernière lettre manuscrite de Louis MAUREL à sa famille



Dernière lettre manuscrite de Louis MAUREL à sa famille (recto)
(document famille Maurel)

Et le reste de sa famille ?

Gricha de son vrai nom Hirsch GOLDRYN (il changé son nom) est arrêté à Paris et est déporté pour le camp de concentration de Auschwitz dans le convoi numéro 1 du 27 mars 1942, parti de Compiègne avec 1112 personnes dont seules 19 seront des survivants.

Son beau-frère Abel GOLDRYN , est arrêté avec Louis MAUREL et est déporté à  Auschwitz par le convoi n°63 le 17 décembre 1943 parti de Drancy avec 1000 personnes et 42 survivants en 1945.

Le 12 février 1944, son beau-frère, Micha dit Michel EPSTEIN, mari de la soeur de Manya, est arrêté à Nice et déporté pour Auswitz dans le convoi 69 le 7 mars 1944, parti du camp de Drancy et transportant 850 personnes dont 101 enfants. Seuls 20 survivront.

Manya, veuve de Louis, se réfugie à Cannes avec ses deux enfants Jean Joseph et Bernadette auprès de son frère aîné Boris GOLDRYN.
Les membres juifs de la famille circulent sous de fausses identités grâce à des Résistants.
Mais ce réseau explose à nouveau et la famille est arrêtée en juillet 1944. Ils sont enfermés à la villa Montfleury à Cannes. Ils échappent à la mort grâce au débarquement du 15 août.

Après la guerre


En septembre 1945, 77 corps de résistants, luxembourgeois et soldats allemands sont retrouvés dans le sol du stand de tir qui servait de lieu d'exécution à l'occupant allemand. 60 corps sont rendus aux familles, 17 autres corps le plus souvent inconnus sont inhumés dur la butte des fusillés. En 1995 , une plaque commémorative est apposée sur le 'mur des fusillés", répertoriant les 77 résistants fusillés.





Télégramme 
Transcription : "Directeur départemental prisonniers déportés réfugiés 10 rue des archers Lyon à Maurel 16, place Castellane Marseille. Pourrez-vous prendre possession corps Maurel mardi 8 à partir  8h gare saint Charles. Donnez télégraphiquement votre accord sinon transport remis à une date indéterminée" 


Reconnaissance des faits de Résistance

Sa veuve entreprend les démarches pour faire reconnaitre les faits de résistance de Louis, aidé par les compagnons de Résistance survivants et les anciens amis et collègues de son mari.

Attestation de Résistance du Colonel CHAULIAC, ancien Chef régional de la région 3 de l'Armée Secrète 



Attestation Colonel CHAULIAC 1949 (document famille MAUREL)

" Je soussigné Lieutenant-Colonel R. CHAULIAC, Chevalier de la Légion d'Honneur, ancien Chef Régional de l'Armée Secrète pour R-3, ancien Chef d'Etat Major de la 16° Région Militaire, certifie que le commandant MAUREL a pris contact par l'intermédiaire de Madame DEMANGEL avec moi-même en décembre 1942. 
Après avoir pendant quelque temps organisé dans la Région de Montpellier les services de renseignements de l'Armée Secrète ; il a été adjoint au Colonel COLIN Chef départemental A.S. pour l'Hérault.
Le commandant MAUREL s'est occupé plus spécialement des renseignements et de l'instruction ainsi que de l'organisation des équipes de sabotage.
Son activité a duré jusqu'en octobre 1943, date à laquelle il a été arrêté par la Gestapo, puis jugé et fusillé.
Pendant toute cette période le commandant MAUREL a fait preuve des plus grandes qualités d'organisateur et a su insuffler à tous ceux qui étaient sous ses ordres les plus vifs sentiments de patriotisme et de résistance à l'envahisseur.
En foi de quoi je délivre cette attestation 
Le Lieutenant Colonel CHAULIAC
A Montpellier le 31 janvier 1949"

Attestation de Simone GILLET-DEMANGEL 

"Je soussignée, Simone GILLET-DEMANGEL, dite PAULINE, Chevalier de la Légion d'Honneur, Croix de Guerre, Médaille de de la Résistance, ex-chef du service social FFI pour la région R3, Lieutenant ayant commandé l'ex 28e unité A.F.A.T. certifie ce qui suit :
Le commandant MAUREL est venu me trouver dès le lendemain de son arrivée à MONTPELLIER en novembre 1942. Il venait de Bretagne et avait cherché à prendre contact avec les Chefs de combat P.H. Teitgnen et René COURTINE. Ces derniers, recherchés par la Gestapo, venaient de quitter la ville où les troupes allemandes étaient en train de s'installer. Madame COUTIN m'adressa le commandant MAUREL et je le présentai peu de temps après auprès du Colonel CHAULAIS, Chef de l'A.S. 
Par la suite, je travaillai constamment avec le Commandant MAUREL, que nous appelions LE GOFF. Ses fonctions à la Production Industrielle lui permettaient de rendre de grands services à la Résistance. J'effectuai pour lui de nombreuses missions de reconnaissance dans la région ( Palavas, Fréjorgues, Remoulins, etc...)
Mon frère, le capitaine François GILLET, tué à l'ennemi le 19 avril 1945, travailla également sous les ordres du Commandant MAUREL au cours de l'hiver 1942-43 et jusqu'à son départ à Paris en juin 1943.
Pour ma part j'ai travaillé journellement avec le commandant MAUREL jusqu'à son arrestation par la Gestapo en octobre 1943. Dénoncé en même temps que le Commandant COLIN, arrêté le même jour, il devait être fusillé le même jour. Il s'est tu jusqu'au bout. Il a supporté sans fléchir un seul instant la réclusion, les interrogatoires, les tortures, la mort. Ayant travaillé sans relâche pour la cause de la Liberté, soutenu par une confiance et une foi qui n'ont jamais fléchi, parfaitement maitre de lui, il ne commit jamais la moindre imprudence ni en actes ni en paroles.
Sa grande intelligence, son ardeur, son courage indomptable, sa haute élévation morale, toutes ces magnifiques vertus de grand Français, le commandant MAUREL les personnifiait. Sa disparition est une perte irréparable. Pour ma part, j'avais pour lui le plus grand attachement et la plus profonde vénération. Il était le plus exemple de Résistant qu'il m'ait été donné de connaitre, certainement une des figures les plus hautes et les pures de la  Résistance."
Fait à Montpellier le 10 février 1949
signé Simone DEMANGEL

Attestation de Simone DEMANGEL 1949 (document famille MAUREL)


" La famille Manya, Jean-Joseph et Bernadette, se reconstruit tant bien que mal à Vaucresson. Les ombres de cette sombre période restent enfouis dans leur mémoire.  Cependant Jean-Joseph, mon père livre ses souvenirs dans la trace du héron " Séverine MAUREL-GERCEL

Louis MAUREL et son fils Jean-Joseph 

Reconnaissance et décorations à titre posthume

La nécropole de la Doua, inaugurée en 1954


Plaque des fusillés à la nécropole de la Doua

Décorations

17 août 1945 - Croix de guerre avec Etoile d'argent
Citation "Maurel Louis, lieutenant colonel FFI, Armée secrète, Hérault. Résistant de 1943 qui a mis toute son activité au service de la Patrie. Adjoint au chef départemental de l'Armée secrète s'est spécialement employé à la constitution des équipes de sabotages et de groupes Francs. Arrêté par la Gestapo le 8 octobre 1943, n'a rien révélé sur l'organisation malgré les mauvais traitements qui lui ont été infligés. Condamné à mort, exécuté à Lyon le 21 février 1944, a conservé jusqu'à sa fin une attitude noble et courageuse de grand patriote"






Légion d'honneur
Je n'ai trouvé la trace de son dossier dans la base Leonore de la grande chancellerie de la Légion d'honneur.




Médaille commémorative des services volontaires dans la France libre




Perpétuation de la Mémoire

Rues et plaques au nom de Louis Maurel

Rue Louis Maurel à Marseille


Une rue à Marseille, une plaque sur l'immeuble où il est né place Castellane, une salle des sports à Vonges, une rue à  Sevran, le monument aux morts de l'école polytechnique à Saclay, le mur des fusillés au cimetière de la Doua à Villeurbanne portent son nom.

Fiche récapitulatives Dictionnaire Le Maitron

Archives départementales de l'Hérault

Archives militaires - Bureau résistance à Caen et à Vincennes (Dossier GR 16P405413)



La valise à double fond de Albert HERVE, prisonnier au Stalag II B


J'ai la surprise et la joie d'être contactée par mail par Véronique HERVE, petite fille de Albert Alexis Auguste HERVE.
Elle a lu l'article que j'ai écrit sur mon grand-père Marcel BOURGOIN, prisonnier au Stalag II B à Hammerstein en Poméranie durant la deuxième guerre mondiale.

Albert HERVE, fait prisonnier au Stalagh 2B en 1939

Véronique n'a pas connu ce grand-père mort le 30 octobre 1942 à Houilles (Yvelines à son domicile).

Par mes recherches généalogiques sur Filae.com, je retrouve sa trace. Il est né le 12 novembre 1903 à Guigné dans la Sarthe de Emile Auguste Marie HERVE (1873-1913) et Berthe Geneviève PILON (1877-1938).

Mais sa fille, la tante de Véronique, lui a affirmé que son père, mobilisé en 1939,  a été fait prisonnier par les allemands, à Phitiviers avant d'être affecté dans ce camp de prisonnier en Poméranie.

Sur la liste des prisonniers de la guerre 39/45 disponible sur Gallica (BNF) je retrouve le nom de HERVE Albert né le 12/11/03 à Guigné sur Sarthe. Il s'agit bien du même.  Il est noté comme soldat de 2ème classe appartenant au 215ème Régiment d'Infanterie. Il est fait prisonnier en Allemagne sans autre précision, est noté comme n°10 de la liste officielle des prisonniers français.



Liste des français fait prisonniers par les allemands. Le nom de Albert HERVE apparait

Le Stalag II B est un camp de prisonniers de la seconde guerre mondiale situé à 2,5 km à l'est de Hammerstein en Poméranie, aujourd'hui la Pologne. En juin 1940, il accueille des prisonniers français et belges.  Le 18 octobre 1940, 34 000 prisonniers y sont enfermés dont 28 012 français, indique la Croix-Rouge.
Les baraquements sont en briques de ciments sur un sol sablonneux entouré de landes et de sapins.
Il va être libéré par l'armée russe en avril 1945.



Le camp  Stalag II B visité par la Croix Rouge le 18 octobre 1940

La valise en bois de retour du camp

Or, elle dispose de la valise de son grand-père. Une jolie valise en bois patiné.



Valise en bois de Albert HERVE



Des objets cachés sous une paroi à double fond


En voulant la réparer, elle découvre récemment que cette valise en bois a une paroi à double fond derrière laquelle sont disposés des objets :

- un couteau de marque allemande
- des bilets de cent francs pliés en quatre
- un briquet
- un sachet en papier avec des mèches de briquet
- des médicaments
- une feuille de papier


Paroi à double fond


Elle s'imagine que ces objets sont peut-être le témoignage d'un projet d'évasion ?




Les objets retrouvés dans la valise de Albert HERVE



Quand à son évasion, ce n'est pas une hypothèse absurde. Car il est mort en 1942 à son domicile et qu'il est noté comme disparu le 4 septembre 1940.
Est-ce une erreur de retranscription ? L'a-t-on confondu avec un autre prisonnier ayant la même identité ? Où est ce que cette information indique qu'il est porté disparu du camp, s'étant en fait évadé de son Commando ? Le fait qu'ait été préservé cette valise relique, ne donne-t-elle pas des indices sur une éventuelle évasion ?
Comment imaginer alors cette évasion ? Quelle fut la dureté du chemin retour ? Est-ce que ces épreuves n'ont pas précipité son décès en France en 1942 ?

Sa photographie au Kommando 28


J'échange avec elle par mail et je fais l'hypothèse que son grand-père faisait partie du Kommando 28, peut-être une femme ou une exploitation forestière, car ce numéro apparait au dos de sa photographie.
Les Kommandos sont des compagnies de travail, gérés par le Stalag. les prisonniers effectuent des travaux dans des fermes ou des chantiers divers, accompagnés par des gardes et enfermés sur place le soir. La Wehrmacht loue ces prisonniers de guerre à des employeurs.

A ma petite femme et mes chers enfants mes plus tendres pensées A Hervé.

Albert HERVE prisonnier au Stalag 2B assis au premier rang et portant la moustache


A découvrir : le site sur le stalag 2 B

Marcel Bourgoin, prisonnier au Stalag IIB Hammerstein



PRISONNIER, LE 16 JUIN 1940

Cinq ans seulement après son mariage, Marcel Bourgoin, mon grand-père, est  rappelé à l’activité militaire le 2 septembre 1939 en qualité de Sergent chef. Il est fait prisonnier le 16 juin 1940. Après avoir été « stocké dans un camp à Auxerre », il est envoyé au Stalag II B en Poméranie.
Souvenons-nous
«  Après 3 jours de voyage dans un train à bestiaux, nous arrivons sur le lieu  de destination. Nous approchons d’un terrain entouré d’une double clôture de barbelés où il y a plusieurs baraquements. Sur le portail, l’inscription STALAG IIB… » 
Pétales d’une rose blanche Stanisław Gryniewicz 

Dessin de Marcel Bourgoin Prisonnier Camp d'Hammerstein le 11 septembre 1940 (Archives familiales)

STALAG II B Hammerstein

Le stalag II B est  créé fin septembre 1939. Il dépend de la Kommandantur de la Zone militaire II  basée à Szczecin (Stettin). Il est situé à côté de Czarne (nom allemand : Hammerstein) de la région de Człuchów (nom allemand : Schlochau) à l’emplacement du polygone militaire.
Situation géographique Stalagh 2B

Un des premiers camps de concentration

En avril 1933, trois mois après l’arrivée au pouvoir d’Hitler, on crée ici un des premiers camps de concentration destinés aux prisonniers communistes allemands et aux opposants du régime national-socialiste. Ce camp est fermé après quelques mois d’existence et les prisonniers sont transportés ailleurs. Les locaux sont ensuite occupés par l’armée. Probablement à cause de ces conditions d’existence antérieure, le gouvernement allemand décide d’organiser  un camp pour prisonniers de guerre. Il est très proche de la frontière entre le IIIème Reich et la Pologne. Le transport est facile, le terrain très forestier et peu d’habitants.

Devenu camp de prisonniers



Entrée du camp d'Hammerstein - Archives Croix Rouge

Au début au Stalag IIB, il n’y a que des prisonniers polonais de l’armée Pomorze suite à la guerre contre la Pologne début 1939. Le premier commandant du camp est le colonel Janus, ensuite le major Van Heydebrand. Au Stalag  IIB, il existe un hôpital pour les prisonniers organisé par des prisonniers médecins polonais, qui devient avec le temps l’hôpital central  pour les prisonniers de la région de Szczecin. En été 1940, après la capitulation de la France, on ramène dans ce camp des prisonniers français, aussi bien de l’armée métropolitaine que de l’armée coloniale, puis des soldats belges, hollandais et des anglais qui combattent  en France . En 1941, après la campagne des Balkans, des prisonniers yougoslaves arrivent. Après l’automne 1941, suite à l’attaque de la Russie par Hitler, pendant la première phase de la guerre, on ramene des russes par dizaine de milliers. A cette époque, est créé un nouveau camp de l’autre côté de la voie de chemin de fer. Deux camps distincts sont organisés : Lager Nord et Lager Ost qui portent un nom commun, Stalag IIB Hammerstein. C’est dans ce camp, que mon grand père est amené, dans des trains à bestiaux successifs, dans un très long périple.

Fleischerei Wilke

Mon grand-père, exerce la métier de Boucher. Il est donc affecté,  comme prisonnier de guerre, MATRICULE 86/96,   au KOMMANDO N°210, dans une boucherie « fleischerei » dirigée par Emil Wilke située à Hammerstein, 33 preussischesstrass. Son camarade de captivité, André Desvallois, Charcutier à Limoges  est son ami pour la vie et témoigne. Comme mon grand père il est amené au Stalagh dans des wagons à bestiaux. André reste prisonnier de 1939 à 1945. La boucherie Wilke prépare la viande destinée aux militaires allemands. Les 11 prisonniers français sont rejoints chaque jour par 20 travailleurs allemands. Les prisonniers français dorment dans un baraquement en bois chauffé par un poêle à bois. Le baraquement est situé contre la boucherie. Ils dorment sur place. Des lits à trois étages sont disposés dans la petite salle rudimentaire avec un seul lavabo. Ils disposent du minimum pour manger mais arrivent à soustraire à leurs geôliers quelques morceaux de viande qu’ils font griller en cachette directement sur le poêle. Le soir, avant de dormir leur seule occupation est de jouer aux cartes. Parfois ils sont autorisés à se baigner dans un lac. Il en garde un souvenir émerveillé. Mais jamais ils sont autorisés à se rendre au village. Marcel devient vite chef d’équipe dans ce petit groupe de prisonniers et coordonne le travail de tous. Lorsque Marcel quitte la boucherie deux ans plus tard, il dit avoir perdu un frère.


Marcel Bourgoin et les 11 prisonniers français à la Fleischerei Wilke - Stalagh IIB (Archives familiales)

Après la libération, les deux couples amis et ne se quittent plus de vue. Mon grand-père parle quelques mots d’allemand et il aime s’en souvenir. Il  est un ardent partisan de la réconciliation franco allemande.  Sous son impulsion , Chailley est jumelée à un village allemand « Gladbach ».

Livret militaire Marcel Bourgoin (Archives familiales)
Marcel Bourgoin Carte anciens combattants (Archives familiales)


Bande dessinée de René Tardi 

Pour aller plus loin


Site Stalagh 2B
Marcel Bourgoin au stalagh 2B

ARRESTATION de Pierre COLIN en 1943

ARRESTATION de Pierre COLIN en 1943

 #Challenge AZ 

En cette semaine de  « Panthonéisation » de 4 résistants de la dernière guerre mondiale, je souhaite évoquer mes recherches généalogique et historiques qui m’ont permis de reconstituer l’arrestation pour faits de résistance d’un de mes ancêtres généalogiques.



Pierre COLIN 1900-1944

Pierre Colin, 6ème enfant d’une famille protestante

Pierre Colin est le sixième enfant et le dernier enfant d’une famille protestante. Il est né le 11 août 1900 à Toul où sa famille maternelle (les Schaal) a dû se replier en 1870 du fait de l’annexion de l’Alsace par l’Allemagne. Il est Lorrain par son père Eugène Colin, Capitaine au 94ème Régiment d’Infanterie qui meurt quelques semaines  avant sa naissance et Alsacien par sa mère. Sa mère Emilie Marceline Schaal élèvera seule les 6 enfants, sans fortune. A la déclaration de la guerre d’août 1914, les 3 frères sont mobilisés. Pierre poursuit ses études au collège de Toul et obtient son bac en juillet 1916.
Bulletin de naissance de Pierre Colin 11/08/1900

Pierre s’engage dans l’armée en 1918,  à 18 ans

Marqué par ces évènements familiaux, le 11 août 1918, à l’âge de ses 18 ans,  il s’engage au 133ème Régiment d’Infanterie dont son frère Jean-Eugène commande une compagnie. Au lendemain de la première guerre mondiale, Pierre est reçu au concours de l’école spéciale militaire et entre à Saint-Cyr. Le 2 octobre 1920, à la sortie de l’école, il signe un engagement de 8  ans dans l’aéronautique militaire. Avec le temps, les nombreuses affectations, il est promu Officier de la Légion d’Honneur 
« pour avoir remarquablement combattu au cours des opérations de mai-juin 1940 ».

Pierre noue des contacts avec la Résistance dès 1940

Après la signature de l’armistice le 22 juin 1940 entre Philippe Pétain et le 3ème Reich allemand,  le commandant Colin souhaite rejoindre la France libre. Son frère Jean Colin l’en dissuade au double motif qu’il a une famille et qu’il a une influence à exercer sur les jeunes. Il noue alors des contacts avec la Résistance naissante. Familialement sensibilisé par l’incorporation des jeunes Luxembourgeois dans les rangs de la Wehrmacht, il met sur pied une filière de désertion qui procure à ces jeunes des effets civils, des hébergements de repli et les orientent vers un maquis ou une organisation de passage de frontière.

Pseudo "Georges Robert"

Du fait du risque de dénonciation pour organiser la désertion de l’armée allemande, son action est dangereuse.  Son pseudonyme est George Robert (les deux prénoms de son frère tué en 1916 à Verdun). Six mois durant, il assure la préparation de l’atterrissage des avions venus d’Angleterre, aménage les réseaux d’espionnage, recueille des parachutistes. Le commandant Colin devient la cheville ouvrière de la résistance dans les Cévennes. Il organise des groupes de combat de près de 2000 hommes. Il organise aussi la désertion des soldats étrangers incorporés de force dans la Wehrmacht, en particulier luxembourgeois. Il recueille les déserteurs, leur procure des vêtements civils et les aide à traverser la frontière. Le 1° octobre 1943, sur de nouveaux indices, le réseau de la Gestapo se resserre sur le commandant Colin. Une surveillance est exercée. Un soir, un groupe de 18 luxembourgeois soldats doit déserter avec armes et bagages. Pierre a tout préparé. Mais les soupçons de la gestapo gagnent du terrain. Un traitre se glisse parmi les déserteurs. L’alarme est donnée. Les soldats sont arrêtés. Neuf d’entre eux sont accusés de haute trahison et fusillés sur le champ. Les autres ont envoyés sur le front russe.

Arrestation en 1943

Le 8 octobre 1943 à 10 h du matin, la police allemande appréhende à son arrivée à Carnon un luxembourgeois connu sous le nom de Jacques. L’homme se rendait à un lieu de rendez-vous fixé par Maurice Popouneau en vue de préparer les détails d’une nouvelle désertion. Le soir même Pierre Colin, l’adjudant Maurice Popouneau et l’ingénieur en chef des poudres Louis Maurel sont arrêtés par la Gestapo, 9 rue Pasteur à Montpellier, le petit appartement où est installé leur poste de commandement. Cette arrestation est effectuée dans des circonstances mal définies.

Selon le site Pierres vives de l'Hérault une collaboration officieuse s'établit entre les services allemands et français pour la poursuite des opposants au régime nazi. Cette collaboration se concrétise après la rencontre entre Oberg, commandant des SS et de la Police et Bousquet, Secrétaire général de la Police de Vichy, en 1942. Dès lors, la répression prend une nouvelle envergure, la lutte contre le « terrorisme » mobilise de façon de plus en plus importante, les forces allemandes, Gestapo, et Wehrmacht et les forces françaises.

Le rapport de M Ménard, Commissaire central de la Région de Montpellier

Ce qui est horrifiant et renforce cette  thèse de l’alliance entre forces françaises et forces allemandes, c’est que j’ai retrouvé via Internet, le rapport écrit par le Commissaire de  la région de Montpellier, Intendance de police à Monsieur le Préfet Régional daté du 9 octobre 1943, et signé M. Ménard, commissaire central.

Cette copie de ce rapport est transmise à M Le Chef du service des relations franco-allemandes en date du 12 octobre 1943.
Il est dit en page 1 : « J’ai l’honneur de vous faire connaître qu’ayant appris que des coups de feu avaient été tirés hier vendredi 8 octobre 943, dans la rue Pasteur, j’ai chargé M Giloux , Commissaire de Police de procéder à une enquête.
En page  2 : « deux personnes sont été arrêtées au n° 9 de la rue Cronstadt : un nommé COLIN se disant officier aviateur, plutôt petit et mine, vêtu généralement de gris … Le propriétaire  de la maison signale que COLIN portait un petit paquet à la main en sortant…. Un nommé Davanier… employé au centre de confection des colis qui, de par ses fonctions est en relation avec la Gestapo, … a appris que l’arrestation aurait été opéré par les services de la police allemande, différents d’ailleurs de la Gestapo.

Page 2 du rapport du Commissaire Ménard 12 octobre 1943
Tous les trois sont conduit à la Gestapo dans la « chambre spéciale de questionnement » où ils subissent quatre jours d’interrogatoires. Ils se confinent dans le mutisme et sont enfermés au fort d’Aurelle à Montpellier et maintenus au secret. Jugés, ils sont condamnés à mort le 17 janvier 1944 par le tribunal allemand.

L’acte de condamnation à mort le 17 janvier 1944

L’acte de condamnation porte quatre chefs d’accusation :
« Le ressortissant Pierre Colin français est condamné à être passé par les armes pour les actes suivants :
- commandant de l’armée secrété en zone sud,
- espionnage,
- détournement de soldats de leur devoir militaire,
- préparation à des attentats terroristes ».

Le 26 janvier 1944, la police allemande autorise l’épouse et les deux fils de Pierre à venir le voir à la prison militaire de Montpellier pour une entrevue de 2 heures. Puis les trois compagnons sont transférés le même jour par wagon cellulaire, enchainé à ses deux camarades,  à la prison de Fort Montluc à Lyon où il passe des dernières heures dans une cellule sans air et sans lumière.

Exécution le 21 février 1944

Le lundi 21 février 1944, à 16 h, une automobile de la Wehrmacht transporte les trois condamnés de la prison militaire au lieu d’exécution le stand de tir de Lyon la Doua. A 16h30, Pierre est placé contre le parapet et trois minutes plus tard il tombe.


Le site du stand de tir à la Doua. C'est dans le trou du premier plan que fut retrouvé Pierre Colin


«le 21 février 1944, le ressortissant français Pierre Colin ancien commandant né le 11 août 1900 à Toul en dernier domicile à Montpellier 4 rue de Verdun a été condamné à mort le 17 janvier 1944 par un conseil de guerre pour avoir favorisé l ‘ennemi. Le jugement a été exécuté aujourd’hui.
Tribunal du commandement du secteur de l’armée France sud STL N° 596/43»

Inhumé le 30 septembre 1945 dans la carré d'honneur du cimetière militaire de la Doua à Lyon

Inhumé dans un charnier sur place, il sera réinhumé le 30 septembre 1945 dans le carré d’honneur du cimetière militaire de la Doua, à quelques mètres de son exécution.

 
Plaque commémorative au Cimetière de la Doua à Lyon





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