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L’ordre des Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem à Turny - Yonne

L’ordre des Hospitaliers  de Saint-Jean de Jérusalem 

à Turny - Yonne


Après la suppression de l’Ordre du Temple, ses biens sont attribués, le 24 août 1312, aux Hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. 



La maison de Turny leur est confiée. 
Cet ordre, créé à la même époque que les Templiers, dispose à peu près des mêmes attributions. Quelques siècles plus tard, l’ordre des Hospitaliers devient l’Ordre de Malte. 
C’est à cet ordre qu’appartient le chevalier Jacques de Rouxel-Medavy qui fait remettre en état l’église de Coulours en 1630 après les destructions et pillages de 1567, suite au passage des Huguenots. 
L’ordre de Saint-Jean de Jérusalem, connu dès le 12ème siècle, sous le nom de Ordo Hospitalis Sancti Johannis Hierosolymitani, est un ordre religieux catholique hospitalier et militaire qui existe depuis l'époque des Croisades jusqu'au début du 19ème siècle.

La chapelle Sainte-Catherine à Linant


Avant 1518, est construite une chapelle à Linant, dédiée à Sainte-Catherine. 

« Jusqu'à la révolution, le vicaire de Turny se rend chaque dimanche et jour de fête célébrer la messe à la chapelle de Linant qui est devenue une véritable succursale de l'église paroissiale ».[1] 

Elle est détruite en 1793. 

Une nouvelle chapelle est reconstruite, à l'initiative des habitants, au même endroit vers 1840 et c'est le conseil municipal dans sa délibération du 9 août 1903, qui en ordonne la destruction définitive :

 « Monsieur le Maire expose au conseil municipal que la chapelle de Linant élevée par souscription publique entre tous les habitants de ce hameau n'est pas une chapelle autorisée... Cette chapelle édifiée il y a environ soixante ans, ne servait qu'une fois l'an à dire la messe le jour de la fête de Linant est aujourd'hui complètement inutile... Considérant que la chapelle de Linant est très nuisible à la circulation, demande à M. le Préfet, à l'unanimité des membres présents, de bien vouloir autoriser la démolition de la chapelle de Linant pour cause d'utilité publique. »[2]


La fin de la commanderie de Coulours en 1793



La Révolution française voit la fin de la Commanderie de Coulours, avec la vente de ses biens aux enchères le 13 avril 1793.




[1]  Annuaire historique du département de l'Yonne - Editions Perriquet et Rouillé - Auxerre -1854 - BNF
[2] Registres municipaux de la commune de Turny

Marcel BOURGOIN, fondateur de l'Entente Sportive Florentinnoise




Marcel Bourgoin, mon grand-père, était un passionné de sport. 
Il fut un dirigeant discret mais efficace qui manifestait, dans les années 50, une foi pour une discipline qui a du mal à s’imposer : l’athlétisme. 

Pendant 30 ans, il préside la section d’athlétisme de l’Entente Sportive Florentinoise
Longtemps président du comité d’athlétisme de l’ Yonne, il organise chaque année sur ses terres le cross. Cycliste, il arrête le vélo à son départ au régiment en 1923. 


Marcel BOURGOIN debout au départ de la Course cycliste à Chailley en 1936

Il dit que ses parents n’aiment pas trop qu’il soit sur un vélo car il y a trop de risques. Ils ont peur de l’accident.
 Il participe pourtant à plusieurs courses cyclistes avec Marcel Bidault qui devient champion de France. 
En 1936, il crée le club athlétique de Chailley. Il pratique le cross et l’assouplissement comme l’explique un des champions de Chailley Raymond Manigault. « Le mardi et le jeudi il nous entrainait dans la salle de la mairie transformée depuis en salle de classe. On allait courir chaque semaine le soir après le travail sur la route de Venizy.»  
Licence d'athlétisme de Marcel BOURGOIN en 1967

En 1939, l’équipe de Chailley est championne de l’ Yonne de cross. Crossman, il dispute plusieurs fois les championnats de Seine et Yonne et de Bourgogne. 


Licence de Dirigeant de la Fédération Française d'Athlétisme 

En 1983, il reçoit le trophée Ecureuil pour ce qu’il a fait « sportif vous-même tout au long de votre vie, nous saluons votre dévouement à la cause du sport dans la région et dans la ville de Saint- Florentin ».

A l’assemblée générale de l’Entente Sportive Florentinoise section athlétisme en date du 11 novembre 1989, réunie après son décès, son ami Raymond Manigaut dit de lui : « Brûlant pour la course à pied d’un véritable « feu sacré » Marcel savait le communiquer aux autres. N’épargnant ni son temps, ni sa peine, ni son argent, il dirigeait et participait à nos entrainements. Nos déplacements vers tous les cross du département se faisaient dans sa camionnette de commerçant. A sa grande satisfaction, notre jeune club rivalisait brillamment avec les fortes équipes de Sens et d’Auxerre. Son ambition était de mener jusqu’au national de cross, sa bande de jeunes paysans… Vous avez apprécié ". 

J’ai toujours vu mon grand père s’entrainer pendant une demi-heure minimum dans sa chambre le matin avant le petit-déjeuner. Ses exercices font partie de son hygiène de vie. C’est une pratique immuable jusqu’à ses derniers jours.


Quelques dates...

1926 : Marcel Bourgoin s’inscrit à l’Etoile d’Auxerre.
1929 : Il signe au club athlétique de Sens.
1935 : Il fonde le club de Chailley et devient le premier entraineur du club qui est le premier créé dans 
l’Yonne.
1950 : Il participe à la création d’une équipe de cross au stade auxerrois
1952 : Il dirige puis préside la section athlétisme de l’Entente Sportive Florentinoise.

Les cavalcades à Chailley

Avec l’appui du Maire Marcel BOURGOIN, une amicale voit le jour pour réaliser une « Cavalcade 1900 » à Chailley. 

Alain CHARLOT, 26 ans, en est l’animateur inspiré et la foule répond présente. 
Tout est parti d’un groupe de jeunes de Chailley puis des alentours qui créent « l’amicale du pays d’Othe » avec premier projet d’organiser un musée de l’automobile. 
Puis germe l’idée de cette cavalcade Belle époque. 




Par une chaude journée du mois de juin,  Chailley prend un air de fête exceptionnel. Les rues sont décorées de genévriers, de fleurs, de banderoles multicolores. Des journées de préparation pour les habitants volontaires. Une belle voiture ouvre la marche. Des chevaux de selle sont montés.  M. BAUDRY dirige vingt huit musiciens de Saint- Florentin. 







Quatorze majorettes viennent de Villeneuve-l’archevêque. D'autres sont de Chailley. J'en fais partie, sans grand enthousiasme !
Dix chars ornés défilent dans les rues. Les habitants ont pris place en costumes 1900. Douze cycles anciens circulent avec des transformations étonnantes et humoristiques. Quatre tacots Citroën dont l’un datant de 1925 pétaradent. 

Le cortège s’ébranle du monument aux morts et parcourt les rues du village. La foule est dense et vient de tous les environs. 

Le Journal l’Yonne républicaine écrit « une affluence extraordinaire que Chailley n’avait pas connu depuis l’avant guerre confie M. Bourgoin Maire, fier de voir sa localité aujourd’hui populeuse et en liesse ».

La fête se poursuit par une kermesse et un bal animé par l’orchestre d’Alain Moresco.  C’est une pleine réussite qui donne envie à tous de renouveller l’expérience. L’année suivante, une nouvelle fête se prépare sur le thème de la préhistoire. 

Alain, ingénieur incroyable se lance dans la construction d’un énorme monstre préhistorique. La bête demande plusieurs mois de fabrication. 
La mâchoire du monstre s’ouvre, une langue en sort et la tête tourne. Impressionnant.




Le convoi composé de trois remorques mesure trente six mètres. Il a du mal à circuler dans les ruelles étroites du village. Les enfants sont déguisés en hommes préhistoriques et courent derrière le monstre. De la bonne humeur et un spectacle magnifique. 

C’est une belle fête, qui draine tous les visiteurs des environs.  

Malheureusement elle se termine par un incendie accidentel. 

J’ai vu de mes yeux d’enfant certaines scènes qui m’ont marquées à jamais et sont encore présentes en moi. 

Les cavalcades s’arrêtent. 




Marcel BOURGOIN, Maire de Chailley de 1959 à 1983

1944 : Le début de l’engagement municipal 

Dès l’après-guerre, par décret du 2 février 1944, des dispositions législatives imposent à chaque conseil municipal de désigner des délégués chargés de concourir à la révision de la liste électorale en vue des élections de 1945. 
Le 12 novembre 1944, la nouvelle municipalité de Chailley se conforme à ces obligations. Les membres de l’ancien conseil municipal sont maintenus et des nouveaux sont nommés par décret par M. le Préfet.  Les anciens sont Paul Chauvet, Casimir Combes, Léon Manigaut, Alexandre Darde, Gaston Renuzeau. Les nouveaux conseillers nommés par décret sont Georges Mulot, Marcel Bourgoin, Camille Moreau et Georges Thomas
Le Maire Paul Chauvet est installé ainsi que le premier-adjoint Casimir Combes. Georges Mulot est désigné délégué auprès de l’administration. 

Lors du conseil municipal du 18 mai 1945, suite aux premières élections après guerre, Paul Chauvet est réélu Maire et René Vallet, premier-adjoint. C’est donc dès 1944, que mon grand-père s’engage pleinement dans l’avenir de sa commune. 

La reconstruction, après ces périodes douloureuses, est difficile. Les hommes manquent à l’appel. Les familles sont décimées et pansent leurs plaies. La vie reprend ses droits et la tâche est immense. 
Marcel Bourgoin, enfant de Chailley, s’implique  depuis toujours dans la vie de son village. 
Jeune, Marcel Bourgoin est nommé conseiller municipal par Monsieur le Préfet en 1944, à la Libération, puis il est élu puis réélu sans interruption depuis 1947 en qualité d’adjoint pendant 9 ans puis en qualité de maire pendant 18 ans.

La réfection du réseau électrique
Le 26 juin 1946, le conseil municipal décide de la réfection des réseaux électriques enlevés par ordre des autorités allemandes. Il est indispensable de réparer le réseau électrique et de pourvoir à nouveau à l’éclairage des rues et places publiques de la commune. Des habitants se souviennent des lampes à pétrole et des coupures électriques nombreuses. La réparation ne suffit pas à répondre aux nouveaux besoins de la population en électricité. 
En 1949, la création d’un syndicat d’études est projetée, pour la modernisation électrique qui regroupe les communes environnantes. Le nom est Syndicat d’études pour la modernisation de la distribution de l’énergie électrique dans la région de Saint Florentin-Brienon. Le projet est financé en partie par souscription publique avec l’édition de 400 obligations de  5 000 francs chacune.


La bataille de l’eau potable

Ancien puits à Chailley


Depuis 1938, un projet d’adduction d’eau a été déposé par l’Ingénieur Robert au nom du syndicat d’alimentation en eau potable pour la région de Saint-Florentin auquel Chailley est affilié. 
Mais il faut attendre février 1947 pour que Saint Florentin donne son accord de principe pour qu’une partie de l’eau de la source du Vaudevanne soit attribuée aux habitants de Chailley. 
Cette cession prend son effet en 1949 et permet à Chailley de disposer d’1/5° de la source soit les 100 premiers m3. 
Le conseil municipal du 6 juillet 1945 constate les fuites considérables s’étant produites dans les fontaines alimentant la population de Chailley en eau. Les puits publics sont en mauvais état et la qualité de l’eau potable est dangereuse pour l’hygiène. 
Un long processus s’enclenche pour gagner la bataille de l’eau. Certains habitants de Chailley se souviennent encore de l’époque où, enfants, ils vont chercher l’eau au puits. 
L’eau courante arrive dans les maisons. Les corvées ménagères s’allègent. Le confort gagne le village.On est en 1953.

L’hommage aux morts de la guerre
Le 6 février 1947, le conseil municipal décide de faire graver sur le monument aux morts le nom des victimes de la guerre. 
Les noms de Lespagnol Félix, décédé, Cormeau Lucien et Bourgoin Henri fusillés, Chambrelan Raymond mort en déportation, Roland Butteau engagé volontaire sont les noms proposés. 

1959 : Elu Maire Adjoint
Le 12 février 1959, Marcel Bourgoin, alors simple Conseiller municipal, est élu  1er adjoint au Maire Gaston Renuzeau. 

Elections du 14 mars 1965 : Marcel Bourgoin est élu Maire
Aux élections du 14 mars 1965, Marcel Bourgoin présente sa liste intitulée « Liste de rénovation municipale et de progrès économique et social »


Liste de rénovation municipale 1965

Il trace les lignes de son futur mandat. « Nous avons accepté de solliciter vos suffrages… dans le but d’œuvrer efficacement pour que notre Chère Commune soit de plus en plus prospère, que l’entretien des bâtiments collectifs, de nos écoles, de nos routes et de nos chemins soit meilleur. Il y a en outre des initiatives à prendre. A cet égard, dans le cadre de la décentralisation industrielle, nous pourrons sans doute provoquer l’installation d’une petite usine qui animerait l’économie locale, ferait prospérer notre commerce et augmenterait les ressources de la Commune par la taxe locale…Tous nos efforts porteront sur la bonne administration, la bonne gestion des affaires communales, pour le bien de tous les Chaillotins… ». 



Les Grands Dossiers communaux

Assainissement - Trottoirs
Le premier dossier qu’il traite est celui de l’assainissement de la commune. Le besoin se fait sentir de compléter l’équipement de Chailley et du Vaudevanne par un réseau d’égouts. Le service du génie rural des eaux et forêts procède, à la  demande du conseil municipal, à l’étude d’un avant-projet général d’assainissement.  C’est en 1969 que démarre ce projet qui aboutit en 1979. Cet assainissement est suivi de la création quelques années plus tard des trottoirs et de l’évacuation des eaux pluviales.

Rénovation des bâtiments communaux
Les bâtiments communaux sont rénovés, comme il l’avait promis. En 1970, débute la rénovation de la Mairie, conduite par l’Architecte Louis Colin d’Auxerre. C’est la période des grands travaux dans la commune.

Ecoles du Bourg
Marcel Bourgoin sait que la vitalité du village implique le maintien puis le développement des écoles. Il s’investit pleinement dans ce chantier qui lui tient à cœur. Les deux écoles du Bourg connaissent des gros travaux de réhabilitation. Les travaux s’élèvent à la somme de 9 852 francs. En 1973, la classe enfantine qui devient l’école maternelle est installée au centre du village ;  en 1975 est créé un poste à temps partiel d’agent municipal pour aider l’institutrice.

Développement industriel
L’entreprise La Chaillotine prend de l’expansion et emploie de plus en plus d’ouvriers à Chailley. En 1970, le conseil municipal donne un avis favorable à la demande d’extension de l’entreprise et de l’implantation de la société Les traiteurs bourguignons. La zone industrielle de Chailley est lancée.

Desserte téléphonique
En 1979, la desserte téléphonique de la commune, prévue en 1977 est terminée.

Constructions
Du fait du développement de l’entreprise locale, la demande de logements s’accroît. C’est pour cette raison que le conseil municipal autorise en 1973 la construction de pavillons individuels sur une parcelle de 2 ha 50 sur le chemin des rompies. L’avant projet est la construction de 20 logements HLM sur deux tours de 3 niveaux. Heureusement c’est le projet de pavillons qui est retenu. Chailley connaît son premier lotissement.

Association de communes
Fort du développement de sa commune, Marcel Bourgoin pense que des communes associées pèsent davantage vis-à-vis des instances départementales. Il est le précurseur des communautés de communes connues de nos jours.   Il impulse un projet d’association entre les deux communes de Chailley et de Turny. En 1974, une demande de fusion est déposée auprès du Préfet. Elle est acceptée et le conseil municipal comprend 13 élus, 6 pour Chailley et 7 pour Turny.

26 avril 1974 - Yonne Républicaine -
Nouvelle commune Chailley-Turny


Toutefois, L’association ne dure que 4 ans. Turny souhaite reprendre son autonomie. Une pétition des habitants est envoyée aux pouvoirs publics. Le Préfet décide le 19 décembre 1978, la séparation des deux communes associées et le conseil municipal est dissout le 31 décembre 1978.
De nouvelles élections se déroulent les 11 et 18  février 1979. Le nouveau conseil municipal se compose de Marcel Bourgoin, Willy Deketelaere, Suzanne Brière, Etienne Frochot, Marcel Félix, Henri Laperche, Jean Cyganko, Charles Marty, Jean Paul Chartron, Anne Marie Allot, Pierre Dumoulin, Bernadette Tomaszewski. Marcel est réélu Maire.

Activités sportives
Le conseil municipal, sous l’égide de son Maire, subventionne les activités sportives de la commune. C’est ainsi qu’en 1971, les procès-verbaux de la Mairie indiquent que le conseil municipal décide d’accorder une somme de 1 200 francs à la section cycliste de l’entente sportive florentinoise pour l’organisation de deux courses cyclistes prévues à l’occasion de la fête patronale du 25 juillet 1971. En 1975, Chailley accueille le passage du Tour de France. La subvention pour cet événement est de 500 francs.
Avant la fin de son mandat de Maire, sont créés un terrain de football à l’entrée du village et un terrain de tennis près du cimetière.

Personnes âgées
La commune accueille des résidents permanents mais aussi des retraités de la région parisienne de plus en plus nombreux. Marcel Bourgoin est à l’initiative de la construction d’un équipement destiné aux ainés. Une salle est édifiée. Des rencontres, repas, tournois de jeux de société, etc... sont organisés. Elle est gérée par l’association «Les Colchiques» dont mon grand-père devient le premier Président.
Bibliothèque
Le conseil municipal met à la disposition de la bibliothèque une classe préfabriquée à partir de 1979. La bibliothèque est installée dans ses locaux actuels lors du mandat suivant.

Combats municipaux
La vie municipale est active à Chailley. Les opposants sont regroupés autour de M. Charbonnier. Il présente à chaque élection une liste d’opposition. Les campagnes électorales sont parfois virulentes. 


Bulletin vote 1971

En 1971, André Charbonnier est élu conseiller municipal. Il obtient 5 voix pour sa candidature de Maire. 
Marcel avec 7 voix est réélu Maire. Le conseil municipal est partagé. Il se compose de Willy Deketelaere élu premier-adjoint, André Charbonnier, Marcel Félix, Jacques Renuzeau, Germain Leloup, Charles Marty, Guy Jalouzeau, Raymond Grellat, Gabriel Compagnon, Etienne Frochot et Louis Charton. 
Etienne Frochot est nommé responsable de la commission des bâtiments communaux et de la commission des eaux. 
André Charbonnier n’est pas réélu en 1979.

1983 : A la fin de sa mandature,  après 39 ans d’engagement municipal,


Marcel BOURGOIN, Maire

Il écrit une lettre aux électeurs et électrices : 
  Avec mes collègues du conseil municipal, je me suis efforcé, dans la mesure de mes moyens, d’améliorer le patrimoine communal : logements sociaux, réseaux d’eaux et d’assainissement, écoles, bâtiments communaux, trottoirs…etc. Le montant de vos impôts est nettement moins élevé que dans de nombreuses communes environnantes. Il est vrai que nous sommes aidés par l’usine alimentaire qui supporte 60 % de l’imposition totale. Ne demandant pas le renouvellement de mon mandat (il y a un âge où il faut être raisonnable) je souhaite que vous apportiez vos voix et toute votre confiance à la liste d’entente municipale qui se présente à vous. 
Je resterai toujours tant que je le pourrai, à votre disposition. 
Vive Chailley                                  Le Maire sortant 


Témoignages
Etienne Frochot, Conseiller municipal : «  C’était un homme à qui on faisait confiance. On le sentait capable de gérer une commune. Il avait bien géré sa petite affaire…Il était capable de diriger les autres….Marcel, c’était l’homme de confiance de la commune »

Mme Laperche, Secrétaire de mairie de 1966 à 1978 «Il a fait faire un grand pas en avant à la commune »

M Pourrain, Conseiller général : «  C’était un homme mesuré mais qui ne restait pas en arrière. Il n’avait pas peur de faire les investissements qui convenaient pour sa commune puisse évoluer et les gens puissent vivre avec leur temps. C’est un des signes caractéristiques de Marcel Bourgoin »

Véronique Battut-Bourgoin, sa petite fille « Je le vois s’habiller avec soin, visser son chapeau sur sa tête, porter son sac en cuir sous le bras et descendre chaque jour à la mairie. Il prend à cœur sa fonction. Les habitants viennent à des heures impromptues pour le voir. Il est toujours disponible. Les appels téléphoniques sonnent à toute heure. Ma grand-mère répond souvent. Les disputes de voisinage, les inondations, les feux de broussailles tout est traité par le premier magistrat de la ville.  Je me souviens de cet appel téléphonique en pleine nuit. Un habitant menace de tirer sur tout le monde, enfermé dans sa maison.  C’est la panique. Mon grand père se rend sur place, la nuit, appelle les pompiers volontaires et ne revient qu’au petit matin épuisé. L’affaire a trouvée une issue positive. Le forcené a cessé son chantage. Ma grand-mère et moi avons eu tout de même très peur. Je me souviens  de son bonheur d’assumer cette fonction, de se sentir utile pour son village. Il est attentif à chacun, disponible, représente de façon efficace sa commune. Pendant ses mandats successifs, il a le souci de préserver et l’ambition d’améliorer le patrimoine communal. »




Ma mère avait la vocation d'Institutrice




Institutrice, la vocation de ma mère

Arlette Bourgoin, ma mère à 18 ans (1953)

Ma mère, Arlette BOURGOIN, a toujours rêvée d’être Institutrice. Née en 1935 dans un petit village de l’Yonne en Bourgogne,  elle est une bonne élève. Enfant, elle rassemble tous ses cousins pour jouer à la maîtresse et elle a déjà une autorité naturelle. C’est tout naturellement qu’elle poursuit ses études au cours complémentaire d’Auxerre et qu’elle se présente, à la fin de la troisième,  au concours d’entrée et réussir son intégration à l’école normale d’Auxerre.

Elle intègre la promotion de l’école normale de 1951 à 1955. La devise en est « l’ardeur fera notre réussite ». C’est le passage obligé pour devenir Institutrice.

Les écoles normales  sont construites comme des « châteaux du savoir » avec des bâtiments solides, une cour, un parc. La discipline est rigoureuse. Entrer dans une école normale s’apparente à une entrée dans les « ordres ».    


Ecole normale d'institutrice d'Auxerre en 1950

C’est l’internat. Une école rigide. Des cours stricts. Un uniforme.  Le jeudi après midi, les normaliennes ont le droit de sortir en ville, rangée en rang et encadrées par leurs surveillantes ; Pas question de croiser le regard d’un garçon.

L’école normale veut donner le même bagage culturel et pédagogique aux instituteurs pour que les enfants aient tous le droit à la même éducation. Cette unification, cette « normalisation » permet à tous les élèves de bénéficier des mêmes chances.
Charles Péguy en 1890 décrit ces instituteurs comme les « hussards noirs de la république ».

Les normaliennes vivent dans un quotidien austère. Il en est presque militaire. Promenade surveillée le jeudi après midi,  et sortie libre uniquement le dimanche. L’école normale d’Auxerre de filles est dirigée par Mme Santucci. Avec son comportement d’abbesse, elle fait en sorte que son établissement ressemble à un monastère laïque. Tenue de rigueur à l’intérieur mais aussi à l’extérieur. Toute jupe trop courte est prohibée. Les sorties des normaliennes dans les rues d’Auxerre, en rangs bien ordonnés, sont accompagnées et surveillées par leur professeur. Recommandation est faite de ne pas regarder les normaliens si on les croise et de baisser les yeux.

L’emploi du temps d’une élève normalienne est celui ci : lever à 6h, étude pendant une heure, petit déjeuner et ménage jusqu’à 8h. Cours de 8h à 12h, déjeuner, récréation. Cours de 14h à 17h, goûter avec études de 17h à 19h, diner puis étude du soir de 20h à 21h. Les principales matières enseignées sont les lettres avec la grammaire, l’orthographe, la connaissance en littérature, les rédactions et compositions; L’histoire et la géographie; les sciences avec les mathématiques, l’arithmétique et la géométrie; Le dessin et la musique; Le sport; La pédagogie, avec l’éducation à l’hygiène et à l’économie domestique. Les élèves Maîtres passent un examen chaque trimestre qui donne lieu à un classement dans chaque promotion.

Après 21h,  les normaliennes s'installent pour leur nuit dans leurs grands dortoirs.  Les lits sont serrés, peu d'intimité est autorisée, le calme requis et le chauffage est assuré par des poêles au charbon comme dans les classes de cette époque. Cela n'empêche pas nos normaliennes d'Auxerre se prendre en photo en cachette dans le dortoir. De ces photos volées, de ces moments de joie, ma mère en a toujours gardé la trace. 

Dortoir de l'école normale d'Auxerre en 1952



L' école normale d’Institutrice est strictement séparée de l’école normale de garçons. Il faut donc des trésors d’ingéniosité pour que futurs instituteurs et institutrices se rencontrent. Le premier mai était organisé une rencontre dans la campagne environnante pour un pique nique. En mai 1952, la promotion 1950-1954 des garçons rencontre celle des filles 1951-1955 à laquelle appartient Arlette. C’est alors que mes parents se rencontrent pour la première fois.

A la fin de leurs études, le précieux Certificat d’aptitude pédagogique leur est délivré par l’Inspecteur d’Académie qui leur donne le droit d’enseigner dans les écoles primaires.

Le 7 juillet 1953, Arlette devient titulaire du baccalauréat de l’enseignement secondaire Première Partie série Moderne devant la faculté des sciences de l’université de Dijon. L’année suivante en 1954 elle obtient le baccalauréat sciences expérimentales.

Le 30 décembre 1955, l’inspecteur d’Académie de Dijon, en résidence à Auxerre, lui délivre le Certificat d’aptitude pédagogique à l’enseignement dans les écoles primaires.


Certificat d'aptitude pédagogique 1955



C’est donc en octobre 1955, qu’Arlette débute enfin son métier d’Institutrice.  Elle est affectée, pour son premier poste à l’école primaire de Festigny dans l’Yonne. Elle a 20 ans. D’abord stagiaire, elle devient titulaire le 01 janvier 1956.

Mon père Jean Battut est nommé à Clamecy dans la Nièvre qui n’est distant que de 15 kilomètres ce qui leur permet de se retrouver les jeudis et dimanche. Ma mère conduit sa vespa et retourne à son école le soir avec le même véhicule. En avril 1955, ils se marient et obtiennent un poste double à l’école primaire de Courcelles dans la Nièvre.


Mes parents en Vespa -1955


A partir de septembre 1956, Jean et Arlette Battut exercent à l’école de Courcelles, dans la Nièvre. Le village rural est situé à 13 km de Clamecy. Le bourg est édifié sur les dernières pentes du coteau. L’habitat est dispersé et se sépare entre le bourg et le hameau de Chivres . L’école est bâtie entre les deux villages et regroupe 42 élèves et 2 classes : celle des grands dédiée à mon père et celle des petits affectée à ma mère.

Arlette et Jean, jeunes Instituteurs  dans la cour de l'école de Courcelles en 1955


En décembre 1956, je vais naître dans cette région isolée du Nivernais. J'aime bien dire que je suis née dans une école. Je reste fidèle à cette école laïque, lieu de connaissance et d’émancipation. Tirer le meilleur de tous et des plus faibles. Donner à chacun sa chance. Porter les valeurs de la République. Je rends hommage à mes parents et ces fameux hussards de la république qui ont permis à tous l’accès à l’école, avant que les transports en commun permettent les regroupements dans les villes.

Je termine cette évocation de l’Institutrice rurale de cette époque en vous livrant le témoignage affectueux d’une ancienne élève de ma mère qui me l’a adressé par mail, peu après son décès. Croyez vous que de nos jours une ancienne élève, 50 ans après, témoignerait ainsi de son ancienne Institutrice ?

Témoignage d’une ancienne élève d’Arlette – mail de 2010 -
« Je suis une ancienne élève" des Battut" ! Votre maman m'a appris à lire avec "Poucet et son ami l'écureuil" !! 7 mois avant j'arrivais de mon Italie natale et cette découverte a été un grand bonheur ! Je me souviens de votre naissance qui intriguait beaucoup les petits que nous étions, nous avions la consigne de ne pas faire de bruit à la récréation pour ne pas vous réveiller et un jour votre maman a ouvert le rideau de la chambre qui donnait sur la cour pour que nous puissions vous admirer , que de souvenirs datant de plus d'un demi-siècle!! Je garde cette  image  de votre maman , jolie ( très) les yeux bleus et très douce , elle savait mettre en valeur chacun de nous; par exemple Félicité  qui arrivait d'Espagne , elle était plus âgée que les autres enfants de la classe , avait des difficultés à se mettre à niveau mais  votre maman lui mettait toujours un" bon point " pour la frise qu'elle dessinait dans ses cahiers , et moi, eh bien,  je trouvais ça injuste car elle ne savait pas bien lire !! Mon amie Martine qui était dans la même classe que moi  a connu votre maman ensuite comme enseignante et la retrouvait lors de réunions pédagogiques , elle m'en a parlé avec chaleur . C'était l'heureux temps des écoles de campagnes »
Liliane Perret, ancienne élève d’Arlette Battut née Bourgoin.


Sources
Collection personnelle photographies et cartes postales
Témoignages



Louis MAUREL, Résistant et fusillé à la Doua en 1944

Séverine MAUREL-GERCEL, la petite fille de Louis MAUREL a pris contact avec moi suite à la lecture de mon article du blog sur mon ancêtre...

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