Affichage des articles dont le libellé est Chailley. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Chailley. Afficher tous les articles

Piste d'athlétisme Marcel Bourgoin à Saint-Florentin

Le 7 juillet 2016, a été inaugurée la toute nouvelle piste d'athlétisme du Stade Jean Lancray de Saint-Florentin dans l'Yonne. La Municipalité, sous la férule du Maire Yves DELOT, a choisi de lui donner le nom de Marcel BOURGOIN. Marcel BOURGOIN est mon grand-père. Il a été un des pionniers de l'athlétisme florentinois.

La nouvelle piste d'athlétisme Marcel BOURGOIN


C'est une belle piste, toute neuve, est d'une taille de 400 mètres, dotée de huit couloirs en ligne droite et de six dans les courbes.
Une aire de lancer de marteau est crée et les vestiaires sont rénovés. Une salle de musculation complète l'ensemble.
La nouvelle piste d'athlétisme


Inauguration du 7 juillet 2016


J'ai donc été conviée, avec des membres de notre famille, à la cérémonie d'inauguration, en présence
de Yves DELOT, Maire de Saint-Florentin, Bernard AMSALEM, Président de la Fédération française d'athlétisme, André VILLIERS, Président du Conseil départemental, Sébastien MAILLARD Président du club florentinois. Une plaque est posée officiellement.


Plaque inaugurée le 7 juillet 2016


Hommage à Marcel BOURGOIN, fondateur de l'Entente Sportive Florentinoise

Comme le rappelle le Maire, dans son discours d'inauguration, Marcel BOURGOIN est d'abord un cycliste. Il participe a plusieurs courses cyclistes avec Marcel BIDAULT qui devient champion de France. Il délaisse son vélo en 1923 après son départ au régiment.  Il s'oriente vers l'assouplissement et le cross. "Passionné, brûlant d'un véritable feu sacré pour la course à pied, coureur assidu, il signe d'abord au club d'Auxerre en 1926 puis à Sens en 1929".

Le village de Chailley, où il est né le 27 mars 1905, se développe et compte de nombreux jeunes, nés au lendemain de la première guerre.  Marcel fonde en 1935, le club d'athlétisme de Chailley. Il devient alors l'entraîneur du premier club d'athlétisme de l'Yonne. La majorité des garçons du village endosse le maillot barré rouge du club. Il entraine les jeunes le mardi et le jeudi, dans la salle de mairie, puis ils vont courir chaque semaine le soir après le travail sur la route de Venizy.

Cross à Chailley 30/07/1934



"N'épargnant ni son temps, ni sa peine, ni son argent, il dirigeait et participait à tous les entrainements. Les déplacements vers tous les cross du département se faisaient dans sa camionnette de boucher..." Yves DELOT, Maire



Club d'Athlétisme de Chailley en 1936
Marcel BOURGOIN au premier rang a gauche


A son retour de captivité, à la sortie de la deuxième guerre mondiale, il crée l'ESF Omnisports de Saint-Florentin (Entente Sportive Florentinoise) en 1946 . Il y regroupe des athlètes pour se relancer dans la compétition.
En 1950,  avec Maurice MORLAND, il conduit son équipe au niveau national. Une équipe icaunaise se qualifie pour la première fois et Pierre DUBOST, un florentin en fait partie.

Marcel BOURGOIN, dirigeant sportif

Président de l'ESF pendant 30 ans, il a été Président du Comité de l'Yonne d'Athlétisme et membre de la Ligue de Bourgogne. Il a engagé les premières démarches pour la création d'une piste d'athlétisme à Saint-Florentin dès 1980. Il est resté jusqu'à sa mort Président d'honneur de l'ESF.


Licence de dirigeant de la FFA 

La force de la mémoire

Le 11 novembre 1990, à l'assemblée générale  de l'ESF, Raymond MANIGAUT, ami de Marcel et sportif de Chailley, fait revivre Marcel BOURGOIN, après son décès le 12 mars 1989, à âge de 83 ans.
" Je revois vers 1930 le jeune homme gagnant des courses cyclistes devant nos yeux de gamins admiratifs. Puis le crossant s'entraînant solitaire dans la campagne chaillotine. Il fallait vraiment y croire car il y a soixante ans la notion de sport n'était pas encore familière dans les villages..."

Ainsi la mémoire de l'action et de l'engagement sportif de mon grand-père est reconnue et préservée. Il le mérite et j'en suis fière. Comme j'ai été fière d'avoir été invitée à cette inauguration et couper le ruban tricolore avec les élus locaux et les autorités sportives.

Mon grand-père n'aimait pas particulièrement les honneurs.  Il aimait voir les jeunes se construire et communiquer sa passion aux autres. Lui même était un vrai sportif qui entretenait son hygiène de vie jusqu'à son dernier souffle.

Aujourd'hui sa mémoire est ancrée dans l'histoire sportive de l'Yonne.











Marcel BOURGOIN, fondateur de l'Entente Sportive Florentinnoise




Marcel Bourgoin, mon grand-père, était un passionné de sport. 
Il fut un dirigeant discret mais efficace qui manifestait, dans les années 50, une foi pour une discipline qui a du mal à s’imposer : l’athlétisme. 

Pendant 30 ans, il préside la section d’athlétisme de l’Entente Sportive Florentinoise
Longtemps président du comité d’athlétisme de l’ Yonne, il organise chaque année sur ses terres le cross. Cycliste, il arrête le vélo à son départ au régiment en 1923. 


Marcel BOURGOIN debout au départ de la Course cycliste à Chailley en 1936

Il dit que ses parents n’aiment pas trop qu’il soit sur un vélo car il y a trop de risques. Ils ont peur de l’accident.
 Il participe pourtant à plusieurs courses cyclistes avec Marcel Bidault qui devient champion de France. 
En 1936, il crée le club athlétique de Chailley. Il pratique le cross et l’assouplissement comme l’explique un des champions de Chailley Raymond Manigault. « Le mardi et le jeudi il nous entrainait dans la salle de la mairie transformée depuis en salle de classe. On allait courir chaque semaine le soir après le travail sur la route de Venizy.»  
Licence d'athlétisme de Marcel BOURGOIN en 1967

En 1939, l’équipe de Chailley est championne de l’ Yonne de cross. Crossman, il dispute plusieurs fois les championnats de Seine et Yonne et de Bourgogne. 


Licence de Dirigeant de la Fédération Française d'Athlétisme 

En 1983, il reçoit le trophée Ecureuil pour ce qu’il a fait « sportif vous-même tout au long de votre vie, nous saluons votre dévouement à la cause du sport dans la région et dans la ville de Saint- Florentin ».

A l’assemblée générale de l’Entente Sportive Florentinoise section athlétisme en date du 11 novembre 1989, réunie après son décès, son ami Raymond Manigaut dit de lui : « Brûlant pour la course à pied d’un véritable « feu sacré » Marcel savait le communiquer aux autres. N’épargnant ni son temps, ni sa peine, ni son argent, il dirigeait et participait à nos entrainements. Nos déplacements vers tous les cross du département se faisaient dans sa camionnette de commerçant. A sa grande satisfaction, notre jeune club rivalisait brillamment avec les fortes équipes de Sens et d’Auxerre. Son ambition était de mener jusqu’au national de cross, sa bande de jeunes paysans… Vous avez apprécié ". 

J’ai toujours vu mon grand père s’entrainer pendant une demi-heure minimum dans sa chambre le matin avant le petit-déjeuner. Ses exercices font partie de son hygiène de vie. C’est une pratique immuable jusqu’à ses derniers jours.


Quelques dates...

1926 : Marcel Bourgoin s’inscrit à l’Etoile d’Auxerre.
1929 : Il signe au club athlétique de Sens.
1935 : Il fonde le club de Chailley et devient le premier entraineur du club qui est le premier créé dans 
l’Yonne.
1950 : Il participe à la création d’une équipe de cross au stade auxerrois
1952 : Il dirige puis préside la section athlétisme de l’Entente Sportive Florentinoise.

Les cavalcades à Chailley

Avec l’appui du Maire Marcel BOURGOIN, une amicale voit le jour pour réaliser une « Cavalcade 1900 » à Chailley. 

Alain CHARLOT, 26 ans, en est l’animateur inspiré et la foule répond présente. 
Tout est parti d’un groupe de jeunes de Chailley puis des alentours qui créent « l’amicale du pays d’Othe » avec premier projet d’organiser un musée de l’automobile. 
Puis germe l’idée de cette cavalcade Belle époque. 




Par une chaude journée du mois de juin,  Chailley prend un air de fête exceptionnel. Les rues sont décorées de genévriers, de fleurs, de banderoles multicolores. Des journées de préparation pour les habitants volontaires. Une belle voiture ouvre la marche. Des chevaux de selle sont montés.  M. BAUDRY dirige vingt huit musiciens de Saint- Florentin. 







Quatorze majorettes viennent de Villeneuve-l’archevêque. D'autres sont de Chailley. J'en fais partie, sans grand enthousiasme !
Dix chars ornés défilent dans les rues. Les habitants ont pris place en costumes 1900. Douze cycles anciens circulent avec des transformations étonnantes et humoristiques. Quatre tacots Citroën dont l’un datant de 1925 pétaradent. 

Le cortège s’ébranle du monument aux morts et parcourt les rues du village. La foule est dense et vient de tous les environs. 

Le Journal l’Yonne républicaine écrit « une affluence extraordinaire que Chailley n’avait pas connu depuis l’avant guerre confie M. Bourgoin Maire, fier de voir sa localité aujourd’hui populeuse et en liesse ».

La fête se poursuit par une kermesse et un bal animé par l’orchestre d’Alain Moresco.  C’est une pleine réussite qui donne envie à tous de renouveller l’expérience. L’année suivante, une nouvelle fête se prépare sur le thème de la préhistoire. 

Alain, ingénieur incroyable se lance dans la construction d’un énorme monstre préhistorique. La bête demande plusieurs mois de fabrication. 
La mâchoire du monstre s’ouvre, une langue en sort et la tête tourne. Impressionnant.




Le convoi composé de trois remorques mesure trente six mètres. Il a du mal à circuler dans les ruelles étroites du village. Les enfants sont déguisés en hommes préhistoriques et courent derrière le monstre. De la bonne humeur et un spectacle magnifique. 

C’est une belle fête, qui draine tous les visiteurs des environs.  

Malheureusement elle se termine par un incendie accidentel. 

J’ai vu de mes yeux d’enfant certaines scènes qui m’ont marquées à jamais et sont encore présentes en moi. 

Les cavalcades s’arrêtent. 




Marcel BOURGOIN, Maire de Chailley de 1959 à 1983

1944 : Le début de l’engagement municipal 

Dès l’après-guerre, par décret du 2 février 1944, des dispositions législatives imposent à chaque conseil municipal de désigner des délégués chargés de concourir à la révision de la liste électorale en vue des élections de 1945. 
Le 12 novembre 1944, la nouvelle municipalité de Chailley se conforme à ces obligations. Les membres de l’ancien conseil municipal sont maintenus et des nouveaux sont nommés par décret par M. le Préfet.  Les anciens sont Paul Chauvet, Casimir Combes, Léon Manigaut, Alexandre Darde, Gaston Renuzeau. Les nouveaux conseillers nommés par décret sont Georges Mulot, Marcel Bourgoin, Camille Moreau et Georges Thomas
Le Maire Paul Chauvet est installé ainsi que le premier-adjoint Casimir Combes. Georges Mulot est désigné délégué auprès de l’administration. 

Lors du conseil municipal du 18 mai 1945, suite aux premières élections après guerre, Paul Chauvet est réélu Maire et René Vallet, premier-adjoint. C’est donc dès 1944, que mon grand-père s’engage pleinement dans l’avenir de sa commune. 

La reconstruction, après ces périodes douloureuses, est difficile. Les hommes manquent à l’appel. Les familles sont décimées et pansent leurs plaies. La vie reprend ses droits et la tâche est immense. 
Marcel Bourgoin, enfant de Chailley, s’implique  depuis toujours dans la vie de son village. 
Jeune, Marcel Bourgoin est nommé conseiller municipal par Monsieur le Préfet en 1944, à la Libération, puis il est élu puis réélu sans interruption depuis 1947 en qualité d’adjoint pendant 9 ans puis en qualité de maire pendant 18 ans.

La réfection du réseau électrique
Le 26 juin 1946, le conseil municipal décide de la réfection des réseaux électriques enlevés par ordre des autorités allemandes. Il est indispensable de réparer le réseau électrique et de pourvoir à nouveau à l’éclairage des rues et places publiques de la commune. Des habitants se souviennent des lampes à pétrole et des coupures électriques nombreuses. La réparation ne suffit pas à répondre aux nouveaux besoins de la population en électricité. 
En 1949, la création d’un syndicat d’études est projetée, pour la modernisation électrique qui regroupe les communes environnantes. Le nom est Syndicat d’études pour la modernisation de la distribution de l’énergie électrique dans la région de Saint Florentin-Brienon. Le projet est financé en partie par souscription publique avec l’édition de 400 obligations de  5 000 francs chacune.


La bataille de l’eau potable

Ancien puits à Chailley


Depuis 1938, un projet d’adduction d’eau a été déposé par l’Ingénieur Robert au nom du syndicat d’alimentation en eau potable pour la région de Saint-Florentin auquel Chailley est affilié. 
Mais il faut attendre février 1947 pour que Saint Florentin donne son accord de principe pour qu’une partie de l’eau de la source du Vaudevanne soit attribuée aux habitants de Chailley. 
Cette cession prend son effet en 1949 et permet à Chailley de disposer d’1/5° de la source soit les 100 premiers m3. 
Le conseil municipal du 6 juillet 1945 constate les fuites considérables s’étant produites dans les fontaines alimentant la population de Chailley en eau. Les puits publics sont en mauvais état et la qualité de l’eau potable est dangereuse pour l’hygiène. 
Un long processus s’enclenche pour gagner la bataille de l’eau. Certains habitants de Chailley se souviennent encore de l’époque où, enfants, ils vont chercher l’eau au puits. 
L’eau courante arrive dans les maisons. Les corvées ménagères s’allègent. Le confort gagne le village.On est en 1953.

L’hommage aux morts de la guerre
Le 6 février 1947, le conseil municipal décide de faire graver sur le monument aux morts le nom des victimes de la guerre. 
Les noms de Lespagnol Félix, décédé, Cormeau Lucien et Bourgoin Henri fusillés, Chambrelan Raymond mort en déportation, Roland Butteau engagé volontaire sont les noms proposés. 

1959 : Elu Maire Adjoint
Le 12 février 1959, Marcel Bourgoin, alors simple Conseiller municipal, est élu  1er adjoint au Maire Gaston Renuzeau. 

Elections du 14 mars 1965 : Marcel Bourgoin est élu Maire
Aux élections du 14 mars 1965, Marcel Bourgoin présente sa liste intitulée « Liste de rénovation municipale et de progrès économique et social »


Liste de rénovation municipale 1965

Il trace les lignes de son futur mandat. « Nous avons accepté de solliciter vos suffrages… dans le but d’œuvrer efficacement pour que notre Chère Commune soit de plus en plus prospère, que l’entretien des bâtiments collectifs, de nos écoles, de nos routes et de nos chemins soit meilleur. Il y a en outre des initiatives à prendre. A cet égard, dans le cadre de la décentralisation industrielle, nous pourrons sans doute provoquer l’installation d’une petite usine qui animerait l’économie locale, ferait prospérer notre commerce et augmenterait les ressources de la Commune par la taxe locale…Tous nos efforts porteront sur la bonne administration, la bonne gestion des affaires communales, pour le bien de tous les Chaillotins… ». 



Les Grands Dossiers communaux

Assainissement - Trottoirs
Le premier dossier qu’il traite est celui de l’assainissement de la commune. Le besoin se fait sentir de compléter l’équipement de Chailley et du Vaudevanne par un réseau d’égouts. Le service du génie rural des eaux et forêts procède, à la  demande du conseil municipal, à l’étude d’un avant-projet général d’assainissement.  C’est en 1969 que démarre ce projet qui aboutit en 1979. Cet assainissement est suivi de la création quelques années plus tard des trottoirs et de l’évacuation des eaux pluviales.

Rénovation des bâtiments communaux
Les bâtiments communaux sont rénovés, comme il l’avait promis. En 1970, débute la rénovation de la Mairie, conduite par l’Architecte Louis Colin d’Auxerre. C’est la période des grands travaux dans la commune.

Ecoles du Bourg
Marcel Bourgoin sait que la vitalité du village implique le maintien puis le développement des écoles. Il s’investit pleinement dans ce chantier qui lui tient à cœur. Les deux écoles du Bourg connaissent des gros travaux de réhabilitation. Les travaux s’élèvent à la somme de 9 852 francs. En 1973, la classe enfantine qui devient l’école maternelle est installée au centre du village ;  en 1975 est créé un poste à temps partiel d’agent municipal pour aider l’institutrice.

Développement industriel
L’entreprise La Chaillotine prend de l’expansion et emploie de plus en plus d’ouvriers à Chailley. En 1970, le conseil municipal donne un avis favorable à la demande d’extension de l’entreprise et de l’implantation de la société Les traiteurs bourguignons. La zone industrielle de Chailley est lancée.

Desserte téléphonique
En 1979, la desserte téléphonique de la commune, prévue en 1977 est terminée.

Constructions
Du fait du développement de l’entreprise locale, la demande de logements s’accroît. C’est pour cette raison que le conseil municipal autorise en 1973 la construction de pavillons individuels sur une parcelle de 2 ha 50 sur le chemin des rompies. L’avant projet est la construction de 20 logements HLM sur deux tours de 3 niveaux. Heureusement c’est le projet de pavillons qui est retenu. Chailley connaît son premier lotissement.

Association de communes
Fort du développement de sa commune, Marcel Bourgoin pense que des communes associées pèsent davantage vis-à-vis des instances départementales. Il est le précurseur des communautés de communes connues de nos jours.   Il impulse un projet d’association entre les deux communes de Chailley et de Turny. En 1974, une demande de fusion est déposée auprès du Préfet. Elle est acceptée et le conseil municipal comprend 13 élus, 6 pour Chailley et 7 pour Turny.

26 avril 1974 - Yonne Républicaine -
Nouvelle commune Chailley-Turny


Toutefois, L’association ne dure que 4 ans. Turny souhaite reprendre son autonomie. Une pétition des habitants est envoyée aux pouvoirs publics. Le Préfet décide le 19 décembre 1978, la séparation des deux communes associées et le conseil municipal est dissout le 31 décembre 1978.
De nouvelles élections se déroulent les 11 et 18  février 1979. Le nouveau conseil municipal se compose de Marcel Bourgoin, Willy Deketelaere, Suzanne Brière, Etienne Frochot, Marcel Félix, Henri Laperche, Jean Cyganko, Charles Marty, Jean Paul Chartron, Anne Marie Allot, Pierre Dumoulin, Bernadette Tomaszewski. Marcel est réélu Maire.

Activités sportives
Le conseil municipal, sous l’égide de son Maire, subventionne les activités sportives de la commune. C’est ainsi qu’en 1971, les procès-verbaux de la Mairie indiquent que le conseil municipal décide d’accorder une somme de 1 200 francs à la section cycliste de l’entente sportive florentinoise pour l’organisation de deux courses cyclistes prévues à l’occasion de la fête patronale du 25 juillet 1971. En 1975, Chailley accueille le passage du Tour de France. La subvention pour cet événement est de 500 francs.
Avant la fin de son mandat de Maire, sont créés un terrain de football à l’entrée du village et un terrain de tennis près du cimetière.

Personnes âgées
La commune accueille des résidents permanents mais aussi des retraités de la région parisienne de plus en plus nombreux. Marcel Bourgoin est à l’initiative de la construction d’un équipement destiné aux ainés. Une salle est édifiée. Des rencontres, repas, tournois de jeux de société, etc... sont organisés. Elle est gérée par l’association «Les Colchiques» dont mon grand-père devient le premier Président.
Bibliothèque
Le conseil municipal met à la disposition de la bibliothèque une classe préfabriquée à partir de 1979. La bibliothèque est installée dans ses locaux actuels lors du mandat suivant.

Combats municipaux
La vie municipale est active à Chailley. Les opposants sont regroupés autour de M. Charbonnier. Il présente à chaque élection une liste d’opposition. Les campagnes électorales sont parfois virulentes. 


Bulletin vote 1971

En 1971, André Charbonnier est élu conseiller municipal. Il obtient 5 voix pour sa candidature de Maire. 
Marcel avec 7 voix est réélu Maire. Le conseil municipal est partagé. Il se compose de Willy Deketelaere élu premier-adjoint, André Charbonnier, Marcel Félix, Jacques Renuzeau, Germain Leloup, Charles Marty, Guy Jalouzeau, Raymond Grellat, Gabriel Compagnon, Etienne Frochot et Louis Charton. 
Etienne Frochot est nommé responsable de la commission des bâtiments communaux et de la commission des eaux. 
André Charbonnier n’est pas réélu en 1979.

1983 : A la fin de sa mandature,  après 39 ans d’engagement municipal,


Marcel BOURGOIN, Maire

Il écrit une lettre aux électeurs et électrices : 
  Avec mes collègues du conseil municipal, je me suis efforcé, dans la mesure de mes moyens, d’améliorer le patrimoine communal : logements sociaux, réseaux d’eaux et d’assainissement, écoles, bâtiments communaux, trottoirs…etc. Le montant de vos impôts est nettement moins élevé que dans de nombreuses communes environnantes. Il est vrai que nous sommes aidés par l’usine alimentaire qui supporte 60 % de l’imposition totale. Ne demandant pas le renouvellement de mon mandat (il y a un âge où il faut être raisonnable) je souhaite que vous apportiez vos voix et toute votre confiance à la liste d’entente municipale qui se présente à vous. 
Je resterai toujours tant que je le pourrai, à votre disposition. 
Vive Chailley                                  Le Maire sortant 


Témoignages
Etienne Frochot, Conseiller municipal : «  C’était un homme à qui on faisait confiance. On le sentait capable de gérer une commune. Il avait bien géré sa petite affaire…Il était capable de diriger les autres….Marcel, c’était l’homme de confiance de la commune »

Mme Laperche, Secrétaire de mairie de 1966 à 1978 «Il a fait faire un grand pas en avant à la commune »

M Pourrain, Conseiller général : «  C’était un homme mesuré mais qui ne restait pas en arrière. Il n’avait pas peur de faire les investissements qui convenaient pour sa commune puisse évoluer et les gens puissent vivre avec leur temps. C’est un des signes caractéristiques de Marcel Bourgoin »

Véronique Battut-Bourgoin, sa petite fille « Je le vois s’habiller avec soin, visser son chapeau sur sa tête, porter son sac en cuir sous le bras et descendre chaque jour à la mairie. Il prend à cœur sa fonction. Les habitants viennent à des heures impromptues pour le voir. Il est toujours disponible. Les appels téléphoniques sonnent à toute heure. Ma grand-mère répond souvent. Les disputes de voisinage, les inondations, les feux de broussailles tout est traité par le premier magistrat de la ville.  Je me souviens de cet appel téléphonique en pleine nuit. Un habitant menace de tirer sur tout le monde, enfermé dans sa maison.  C’est la panique. Mon grand père se rend sur place, la nuit, appelle les pompiers volontaires et ne revient qu’au petit matin épuisé. L’affaire a trouvée une issue positive. Le forcené a cessé son chantage. Ma grand-mère et moi avons eu tout de même très peur. Je me souviens  de son bonheur d’assumer cette fonction, de se sentir utile pour son village. Il est attentif à chacun, disponible, représente de façon efficace sa commune. Pendant ses mandats successifs, il a le souci de préserver et l’ambition d’améliorer le patrimoine communal. »




Louis Ernest Frochot, Ferblantier





Louis Ernest FROCHOT

Louis Ernest FROCHOT, mon ancêtre par alliance, est né le 4 juillet 1877 à Grancey-le-Château en Côte d'or en Bourgogne. Son père François FROCHOT, né le 21 janvier 1841 à Selongey en Côte d'or, exerce le métier de FERBLANTIER. Sa mère Jeanne Marie CAILLET est née le 26 mai 1842 dans le même village.

Acte de naissance de Louis Ernest FROCHOT 1877


Le FERBLANTIER est celui qui fabrique ou qui vend des outils ou ustensiles en fer blanc comme des casseroles, bassines, lanternes... C'est une appellation qui proviendrait de fer-blanc c'est à dire un acier recouvert d'une fine couche d'étain.

Louis suit les traces de son père. Après un apprentissage dans un tour de France, il demeure à Chailley avec sa mère, où il travaille comme Ferblantier, son père étant décédé.  Il se marie à 24 ans, le 9 juillet 1901 à Chailley avec Rose Marie Victoire GABUET, 22 ans,  née le  2 mai 1879 à Chailley où elle demeure avec ses parents, Georges GABUET, Boulanger et Marie Sidonie VIE.

Il s'installe définitivement dans ce village de l'Yonne, Chailley avec sa famille, son fils Henri, l'aîné, né en 1904 à Chailley qui prendra sa succession et ses filles Suzanne et Germaine.

Trés entreprenant, il installe un beau magasin à son nom, 57 grande rue, dont il nous reste un cliché de 1930.


Magasin Louis FROCHOT à Chailley - Yonne 1930


En 1913, la Mairie lui confie la fabrication du beffroi municipal en zing qui orne toujours l'hôtel de ville.  Il a reçu la cloche commandée à un Maitre horloger du Jura en vue sonner l'heure de la République en lieu et place de l'église.

Le beffroi en zing de la Mairie de Chailley fabriqué par  Louis FROCHOT

Son affaire se développe. Il imprime du papier à son entête.
 
Papier à entête de l'entreprise Louis FROCHOT en 1935

Il fabrique des pompes à eau, des cuves, et vend aussi des articles de ménage en éclairage, chauffage, et même des machines à laver...


Pompe électrique de Louis Frochot avec son fils Henri







Cuve d'eau réalisée par Louis Frochot

Louis FROCHOT a réussi et la famille est relativement aisée, en témoigne la photo de la cour de sa maison avec ses 3 enfants.

Louis Frochot en famille

En 1938, il installe le téléphone qui porte le numéro 5  et possède une belle Renault 6 CV, de type NN, voiture qui lui fut prise par les Allemands le 17 juin 1940, est-il noté sur son récépissé de déclaration des automobiles.


 
Certificat véhicule en 1938 Renault 6 CV NN



Renault NN 1930



Son fils Henri, né en 1903, continuera à fabriquer à la main girouettes, marquises, gouttières, réservoirs de récupération d'eau. Il deviendra ferblantier lui aussi puis plombier et reprendra le magasin de son père. Il ferme le magasin à sa retraite car les villes attirent les clients. Il transmet la clientèle à son fils Etienne FROCHOT, mon oncle, qui exerce toute sa vie comme un plombier de qualité et reconnu dans le même village.

Louis fait partie d'une véritable "dynastie" de 4 générations de Ferblantiers-plombiers.

J'ai beaucoup de respect pour ces savoirs et savoirs-faire transmis de générations en générations. J'ai la fierté de rendre honneur à Louis FROCHOT.



Sources
Archives personnelles de Etienne FROCHOT, son petit-fils
Etat civil de Côte d'or
Etat civil de l'Yonne









Monument aux morts de Chailley


Toutes les nations qui ont participé à la Grande Guerre ont éprouvé le même désir de fixer dans la pierre et le bronze le souvenir de ce conflit. Chaque commune, ou presque, veut avoir le sien.

Jusqu’ici, les monuments étaient érigés à la gloire des princes, des puissants, des chefs de guerre. Pour la première fois, on voit apparaître, au centre de l’espace public, des monuments élevés pour rendre hommage à de simples soldats, à des hommes dont, jusque-là, on faisait peu de cas dans les guerres et les batailles.

Bon nombre de communes rurales ne possédaient jusque-là d’autre monument que leur église.

Les monuments aux morts sont, pour la plupart des communes rurales, le premier monument digne de ce nom qui soit érigé par tous et pour tous.

Chailley, qui a perdu 33 hommes dans les combats de la guerre de 14/18, a souhaité rendre hommage à ses Morts pour la France. Les registres municipaux  permettent de retracer l’historique de la construction du Monument aux morts de la Commune, érigé sur la place de la Mairie. Seront ajoutés les noms des Morts pendant la Guerre de 39/45.

Monument aux Morts de Chailley




Dans sa délibération 13 septembre 1918 approuvée par le Préfet de l’Yonne, le Conseil municipal de Chailley dirigé par M. le Maire BRUNAT vote la création d’une plaque commémorative destinée aux Morts pour la France. Elle sera réalisée par M. PLANSON, Marbrier à Saint Florentin. Le modèle est une plaque de marbre blanc ornée d’une palme de bronze et d’une croix de guerre.

Les noms et  prénoms de nos glorieux morts y seront gravés en lettres dorées en suivant l’ordre alphabétique. Le prix de revient posé est de 500 francs et le travail livré le 20 octobre 1919.

Cette plaque est installée dans le hall de la Mairie de Chailley.

S'appuyant sur l'esprit de la loi du 25 octobre 1919, un usage s'est imposé, depuis la Première Guerre mondiale, comme référence pour les décisions municipales en la matière : l'inscription d'un nom se justifie pleinement lorsque le défunt, décédé au cours d'une guerre ou d'opérations assimilées à des campagnes de guerre, est titulaire de la mention "Mort pour la France", et est né ou domicilié légalement en dernier lieu dans la commune considérée.

Morts pour la France à Chailley

Le 14 septembre 1919, le Maire rend compte qu’un comité local s’est constitué pour l’érection d’un Monument aux enfants  de Chailley morts pour la France. Le conseil est désireux de rendre hommage à ceux qui sont tombés en combattant pour la victoire du droit et de la liberté. Le conseil sollicite M le Préfet de bien vouloir faire les démarches pour provoquer le décret autorisant l’érection d’un monument sur une des places de Chailley. Une première subvention de 4500 francs est votée.

Le 22 novembre 1919, le Maire porte à la connaissance du Conseil que par décret du 10 novembre 1919, M. le Président de la République, Raymond POINCARE a  approuvé la délibération du conseil municipal ayant décidé l’érection du Monument aux Morts.

Le 3 avril 1920, le conseil municipal nomme une commission chargée de l’érection du Monuments au morts composée de Gustave BRUNAT, Maire, de Gustave MOREAU adjoint, de Cléophas GARNIER, Félix COMPAGNON, Jean TROMPAT, Paul DELAGNEAU,  Paul DUPRESSOIR, Alphonse BRUNAT, conseillers municipaux.

Le 14 novembre 1920, le conseil municipal décide de prendre à ses frais le transport à Chailley des corps  de militaires morts pour la France et ramenés au pays. Ce transport sera effectué d’après le tarif accordé au conducteur du corbillard. Un crédit de 100 francs est voté.
Le conseil décide d’affecter, à la sépulture des morts pour la France dont les parents habitent Chailley, des concessions perpétuelles dans le cimetière de la commune appelé Carré des enfants.

Le 26 novembre 1922, le conseil municipal décide de réserver deux emplacements pour l’érection du monument aux morts :
1  la place des bâtiments Mollevaux
2. le mail situé sur la route le long des murs des jardins Rousseau et Raoul.
Le conseil, soucieux de concilier de toutes les opinions décide de consulter par un vote des familles des morts pour la France.

Le 17 décembre 1922, le vote a lieu et est dépouillé. Il y a 23 votants. Les résultats donnent  15 voix pour le mail, 7 pour place de bâtiments Mollevaux et 1 nul.

Le 19 février 1923, le conseil décide de confier à M HODRY, Architecte,  l’exécution du monument aux morts pour la France. Il est invité à présenter un avant projet avec des croquis au conseil municipal.

Le 21 mars 1923, le Maire expose les raisons qui le font écarter le mail pour l’installation du Monuments.  A cet endroit, selon l’architecte, le monument ne bénéficiera d’aucune perspective. L’endroit le plus qualifié serait la place de la Halle.
Il propose de transporter la Halle sur le terrain des bâtiments Molleveaux et d’ériger le Monument à l ‘emplacement de la Halle. Le conseil se range à cet avis étant entendu que la Halle sera édifiée de la même manière qu’elle est actuellement.
M HODRY soumet au conseil  plusieurs modèle de monuments et le conseil fixe son choix sur une pyramide surmontée d’une stèle en granit des Vosges polie sur les 4 faces. La hauteur du monument sera de 4,50 m et entouré d’une grille, dont la réalisation est confiée à M Fernand DANTON habitant la commune pour un montant de 3000 francs. Le devis est de 20500 francs monument posé.




Le 3 juin 1924, le conseil municipal décide d’abandonner le projet de déplacement de la Halle et décide de la vendre sur îed avec un délai d’enlèvement de 15 jours après adjudication. La halle sera vendue en morceaux, tuiles, bois, aux acheteurs.

Le conseil municipal décide de construire une halle neuve sur l’emplacement des bâtiments mollevaux confiée à M MILLET, Charpentier à Chailley d’une taille de 8 m de large pour une somme de 9600 francs.

Dans le budget additionnel de 1924, il est inscrit la vente de la halle pour 2000 francs.

Le 12 octobre 1924, M BRUNAT, Maire, n’ayant pas de descendants, fait don à la commune de sa rente perpétuelle de 25 francs pour invalidité, contractée au service commandé dans les tranchées pendant la dernière guerre, à condition que celle-ci serve exclusivement à l’entretien du monument élevé à la mémoire des enfants de la commune morts pour la France.


Le 9 avril 1925, les démobilisés offrent leur concours financier pour apposer une palme sur le monuments aux morts qui est la reproduction de la palme offerte par la ville de Paris et déposée à l’Arc de Triomphe. Elle portera en relief l’inscription « les démobilisés de Chailley ». Le coût est de 1200 francs.

Le 4 juillet 1926, Le maire propose l’inauguration officielle du Monuments aux morts. Les membres s’expriment leur admiration et leur reconnaissance aux héros de la grande guerre.




Depuis 1926, le Monument aux Morts de Chailley est installé au centre du village. Le monument aux morts est un bien communal et relève de la compétence de la municipalité.


Devoir de mémoire et cérémonies commémoratives

La fonction de cet édifice est de rassembler la population autour du souvenir de ceux qui ne reviendront plus vivre dans la cité, faisant ainsi participer la commune au travail de deuil des familles. Graver les noms des morts revient à donner à ceux-ci un peu de cette gloire dont sont  parés ceux qui se sont sacrifiés pour la France. Le Monuments aux morts a vu s’ajouter les noms des enfants de Chailley Morts pour la France dans les autres conflits.

La journée du 11 novembre a été instituée par la loi du 24 octobre 1922 comme « journée nationale pour la commémoration de la victoire et la paix ». Jour d'hommage et de recueillement, elle donne lieu chaque année à des cérémonies commémoratives devant les monuments aux morts des communes de France.

La loi du 28 février 2012 élargit la portée à l'ensemble des morts pour la France. C'est donc la reconnaissance du pays tout entier à l'égard de l'ensemble des Morts pour la France tombés pendant et depuis la Grande Guerre qui s'exprime aujourd'hui, particulièrement envers les derniers d'entre eux, notamment en opérations extérieures. 





Sources
Registres des conseils municipaux de 1918 à 1930 (Mairie de Chailley)
Photos personnelles
Cartes postales anciennes (collection personnelle)

La valise à double fond de Albert HERVE, prisonnier au Stalag II B

J'ai la surprise et la joie d'être contactée par mail par Véronique HERVE, petite fille de Albert Alexis Auguste HERVE. Elle a lu...

A lire